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Restrictions liées à l’évolution de la pandémie : Le télétravail et le webinaire s’imposent aux entreprises

Lequotidien

La pandémie de Covid-19 a entraîné le développement au Sénégal du wébinaire et du télétravail, des méthodes de travail auxquelles recourent de plus en plus les pouvoirs publics, les organisations et les médias, malgré quelques contraintes techniques. En cette période de recrudescence du Covid-19, le Président sénégalais, Macky Sall, recourt à ces méthodes de travail pour diriger la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres. En raison du regain de la pandémie de Covid-19 depuis décembre dernier, le chef de l’Etat a décrété l’Etat d’urgence, une mesure qui s’accompagne d’un couvre-feu en vigueur de 21h à 5h du matin, dans les régions de Dakar et Thiès (ouest), les plus touchées par la maladie à coronavirus au Sénégal. Les deux régions resteront sous cloche jusqu’au lundi 25 janvier au moins, à la suite de la prorogation, lundi 18 janvier, du couvre-feu, une décision annoncée par le ministre de l’Intérieur.
Pour éviter la contamination et assurer la continuité du travail, de nombreux services, institutions, organisations et médias recourent au wébinaire et au télétravail. Ces deux méthodes de travail basées sur l’usage de l’internet facilitent l’accomplissement à distance des tâches exécutées par les travailleurs, en même temps qu’ils simplifient la tenue des réunions, séminaires et ateliers, ainsi que la collaboration et l’interaction des participants. «Les restrictions causées par la pandémie de Covid-19 ont freiné nos activités, rencontres et échanges. Pour parer à cela, nous avons choisi de poursuivre les échanges par des webinaires», explique à l’Aps Aminata Ba, chargée de programmes à Afrikajom center, un think tank basé à Dakar. Ce «laboratoire d’idées» a été fondé par le Sénégalais Alioune Tine, expert indépendant des Nations unies, ancien dirigeant d’Am­nesty international en Afrique de l’Ouest et du Centre, et de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme. A Afrikajom center, selon Mme Ba, les webinaires ont permis de poursuivre les échanges avec les partenaires.
Le wébinaire a l’avantage de réduire les déplacements des employés au strict minimum, de même que les dépenses (frais d’hôtel, par exemple), selon la chargée de programmes du think tank. «Nous épargnons de l’argent et du temps. Les webinaires sont courts, et on va vite à l’essentiel», observe Aminata Ba qui relève les «soucis techniques» liés à cette méthode de travail. «Si un participant est déconnecté du réseau, cela peut retarder la réunion. Et quelquefois, les participants ne parviennent pas à contribuer correctement aux échanges, ce qui peut en biaiser la qualité», souligne-t-elle à l’Aps. Malgré les gains de temps et d’argent qu’engendre le webinaire, cette technique ne pourrait pas s’imposer définitivement ou pour longtemps, selon Mme Ba. «Je pense que si tout revient à la normale, les gens vont retourner aux rencontres en présentiel», dit-elle.

«Nous étions plus productifs qu’auparavant»
Selon Edouard Touré, journaliste à l’Agence de presse africaine, dont le siège se trouve à Dakar, le télétravail a permis à sa rédaction d’être «plus productive» qu’auparavant. Le travail est devenu «plus flexible et plus rapide» grâce à cette méthode de travail, selon M. Touré. «Nous avons fait du télétravail de mars à octobre 2020. Pendant ce temps-là (…), nous étions plus productifs qu’auparavant (…) Le temps qu’on prenait pour aller au bureau était consacré au travail», souligne-t-il. «Le seul inconvénient», selon le journaliste, c’était la rupture d’une certaine chaleur humaine qu’engendre cette méthode de travail entre les collègues qui ne se voyaient presque plus à force de travailler à distance. Chérif Bodian, responsable de la communication de l’Initia­tive prospective agricole et rurale (Ipar), un think tank ouest africain consacré aux politiques agricoles, estime, lui aussi, que le télétravail et le webinaire comportent des avantages. «Le temps nécessaire pour la réflexion et le dialogue s’est raccourci. Pourtant, les résultats obtenus et les recommandations faites ne sont pas moins pertinents que ceux des rencontres en présentiel», analyse-t-il. «Pour réussir un atelier en présentiel (…), nous sommes obligés de limiter à 50 le nombre des participants. Pourtant lors de notre dernier webinaire consacré à la campagne de commercialisation de l’arachide, il y avait plus de 300 participants dont (…) 200 à l’aide de Facebook live», souligne le responsable de la communication de l’Ipar.
Ce grand nombre d’intervenants n’a pas empêché d’avoir des échanges de qualité et des recommandations jugées pertinentes. Ce qu’une réunion en présentiel n’aurait pas permis avec autant de participants, laisse-t-il entendre. Le webinaire et le télétravail ont l’avantage d’aider à la concentration des participants sur le travail ou les sujets de discussion, selon certains usagers. A l’Initiative prospective agricole et rurale, les employés sont unanimes à dire que ces méthodes de travail augmentent la productivité des chercheurs, selon Chérif Bodian.

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