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Sécurité – Abdourahmane Dièye, Directeur général des Douanes : «Nous sommes un bouclier naturel contre le financement du terrorisme»

Dans la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme, les Douanes jouent un rôle essentiel avec la sécurisation des frontières, en déstabilisant la logistique utilisée par les groupes criminels, en anéantissant le trafic des faux médicaments, de drogue, qui servent par ailleurs à financer les activités djihadistes.

Par Justin GOMIS – «La lutte contre le terrorisme et le grand banditisme en Aoc : quelles synergies d’action autour des Forces de défense et de sécurité.» Cette question a été posée par la 13e réunion statutaire conjointe des correspondants nationaux des bureaux régionaux de liaison chargés du renseignement de l’Organisation mondiale des Douanes pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre (Aoc), qui se tient à Dakar. Cette rencontre, qui réunit plus d’une vingtaine de participants, venus de différents pays, a pour objectif de permettre aux Douanes de bien cerner le renseignement dans le contexte régional d’insécurité lié au terrorisme et au grand banditisme. A l’image des Forces armées, les Douanes ont évidemment un rôle de renseignement et aussi de répression de la grande criminalité. «La réunion statutaire des correspondants nationaux des Bureaux régionaux de liaison chargés dU renseignement (Brlr) revêt une importance capitale en ce sens qu’elle permet d’évaluer les missions qui leur sont dédiées, parmi lesquelles la fourniture de données de qualité des plateformes et la facilitation mutuelle administrative internationale. Cette réunion est également l’occasion de discuter des défis de l’heure, auxquels les administrations douanières sont confrontées», indique le Directeur général des Douanes. Selon Abdourahmane Dièye, la Douane joue bien ainsi sa partition dans la lutte contre la criminalité transfrontalière. Il ajoute : «A travers sa mission principale de contrôle des biens et des personnes, la Douane contribue grandement à la sécurité et à la sûreté de nos pays en déstabilisant notamment la logistique utilisée par les groupes criminels. Certes les acquis dans ce domaine sont nombreux, j’en veux pour preuve les résultats dans la lutte contre les trafics illicites, portant sur les faux médicaments, la drogue, les producteurs chimiques, les armes explosives, qui servent par ailleurs à financer le terrorisme.» Malgré les résultats, il consent que les gabelous peuvent encore faire plus. «La Douane, à travers le concours des échanges commerciaux, contribue à lever les amalgames entre flux financiers licites et flux illicites. Elle est de ce fait un bouclier naturel contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme», assène M. Dièye. Il rappelle que «le financement du terrorisme englobe bien évidemment, un large éventail d’activités illégales qui transcende les frontières des Etats, et qui font intervenir des acteurs de diverses nationalités».

En écho, Birmane Sidy Kane, directeur des Bureaux régionaux de liaison en charge du renseignement (Brlr), enchaîne : «Notre région est dominée par ces fléaux qui trouvent leurs racines dans la pauvreté, l’obscurantisme et l’instrumentalisation de certaines rivalités dans nos populations locales.» Comment faire pour éliminer ces menaces ? «Il faut une parfaite collaboration entre tous les acteurs de la sécurité, à savoir la Douane, la gendarmerie et la police. La Douane joue un rôle prépondérant au niveau des frontières et contribue à une collecte efficiente des informations au niveau des frontières et à la transmission des renseignements aux autorités, afin qu’elles puissent prendre des mesures susceptibles d’endiguer la progression de ce fléau.» «L’action doit être impulsive et coordonnée pour lutter contre le terrorisme et le banditisme. Une meilleure prise en charge de la question sécuritaire passera nécessairement par une approche holistique basée sur la mutualisation des efforts de l’ensemble des Forces de défense et de sécurité et de toutes les administrations douanières. Les Douanes doivent recourir à l’analyse des risques, à la sélection en se basant sur la collecte des données, l’échange des informations et des renseignements et la communication interne et externe», s’empresse de préciser Ousmane Coundoul, fonctionnaire au niveau du Brlr/Ao.

justin@lequotidien.sn

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