Le Directeur général de l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (Aeme) plaide pour une utilisation efficiente de l’énergie dans les villes. Pour Saër Diop, cela va permettre d’atteindre l’accès universel à l’électricité et dans la même logique, un gain de 20 milliards de francs à l’Etat. Qui paie chaque année en moyenne 50 milliards de francs Cfa pour la facture d’électricité. Pour renverser cette tendance, l’Aeme sensibilise les étudiants à l’utilisation rationnelle et idoine de l’énergie.
Par Malick GAYE – «Derrière chaque facture, il y a quelqu’un qui paie.» Quoique évidente, cette phrase semble être oubliée par certains Sénégalais en utilisant de «manière irrationnelle l’énergie». Saër Diop ne cesse de le rappeler. «En moyenne, l’Etat dépense 50 milliards de francs Cfa pour la facture d’électricité», alors que cette somme pourrait être réduite de 40%, soit une enveloppe de 20 milliards de francs Cfa qui pourrait être investie dans d’autres secteurs prioritaires. Fort de ce constat, le Directeur général de l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie (Aeme) a profité de l’initiative Galerie de l’incivisme pour sensibiliser les étudiants de Dakar à l’utilisation rationnelle et idoine de l’énergie. Cette initiative du Musée des civilisations noires fait une part belle aux enjeux de l’efficacité énergétique. L’objectif est d’utiliser les étudiants sensibilisés comme des relais pour accentuer la prise de conscience de la population. «Le coût de l’énergie est une problématique qui se pose avec acuité sur le budget de l’Etat, des collectivités territoriales (principalement en ce qui concerne la gestion de l’éclairage public), des ménages, des industries et services. Car l’énergie est un levier-clé de la croissance économique et un facteur déterminant de développement et de compétitivité pour le pays», a déclaré Saër Diop. Le Directeur général de l’Aeme a rappelé le rôle que son agence compte jouer dans l’atteinte de l’accès universel à l’électricité d’ici 2025. «La promotion de l’utilisation rationnelle de l’énergie pour la maîtrise de la demande, constitue un des leviers phare. Par cette approche, le gouvernement vise, entre autres objectifs, la réduction de la facture publique d’électricité entre 10 et 15% à terme. D’ores et déjà, les actions d’efficacité énergétique, mises en œuvre par l’Aeme ces dernières années, ont permis de réaliser des économies financières de l’ordre de 6,5 milliards de francs Cfa pour l’Etat, rien que sur le programme Sardel», a expliqué Saër Diop. Avant d’appeler à une utilisation rationnelle de l’énergie. «Nous qui avons la chance de disposer suffisamment d’électricité au point d’avoir la climatisation, devrons penser aux compatriotes qui vivent dans les villages qui n’en ont pas. Les lampadaires énergivores sont souvent allumés à longueur de journées. Il est important d’avoir une prise de conscience. Il faut arrêter ce gaspillage. Un lampadaire de 250 watts équivaut à la consommation d’un ménage en milieu rural», plaide le Dg de l’Aeme.
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