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Situation économique en période de Covid-19: Le patronat sort petit à petit la tête de l’eau

Face à une situation qui n’épargne aucun secteur de l’économie, le patronat a dû faire preuve de sacrifices, d’ajustement pour sortir la tête de l’eau. Pour Hamidou Diop, Secrétaire général du Conseil national du patronat (Cnp), il était nécessaire que les employeurs fassent preuve d’une grande solidarité nationale non seulement en préservant autant que possible les emplois, mais aussi en contribuant à la Force Covid pour des dizaines de milliards de FCfa. Des efforts qui cachent bien une situation très compliquée.

« L’Organisation internationale du travail (Oit) nous précise qu’il s’agit de 8,8% d’heures de travail perdues et plus de 255 millions de pertes d’emplois à temps plein, c’est-à-dire un nombre quatre fois plus élevé que celui des heures perdues pendant la crise financière mondiale de 2009. Et, en plus, il y a globalement une baisse de 8,3% des revenus du travail, donc un pouvoir d’achat des travailleurs fortement impacté et cela correspond à 3.700 milliards de dollars, soit 4,4% du Pib mondial », révèle M Diop.

Et si l’on en le Sg du Cnp, ce n’est pas encore le bout du tunnel. Car dit-il, « pour l’année 2021, les prévisions les plus pessimistes indiquent une tendance à la baisse des heures de travail de 4,6% et les plus optimistes de 1,3% ».

16.517 travailleurs en chômage technique
Dans le détail des chiffres, il révèle qu’au Sénégal, 658 conflits individuels de travail liés à la pandémie dont principalement 36% dans le secteur de l’hôtellerie, et 17 conflits collectifs dont 52% aussi dans l’hôtellerie ont été résolus.

« Quand on sait que ce secteur a été le plus impacté par la Covid-19, nous ne pouvons que nous réjouir de cette grande solidarité de plus de 1.100 professionnels du tourisme et de la qualité du dialogue social dans les entreprises avec leurs milliers de travailleurs », salue-t-il.

Quid du chômage technique ? Le Sg du Cnp tire un bilan positif. Non seulement les emplois ont été préservés, mais il y a eu seulement 428 entreprises tous secteurs confondus qui ont eu à mettre au chômage technique 16.517 travailleurs. Même dans l’inactivité totale ou substantielle, les ¾ au moins des salaires ont été payés, poursuit le Sg.

Soutenir les entreprises en difficulté
Au cœur de toutes les réunions sociales tripartites convoquées par le Ministère du Travail, le Cnp estime qu’il est important que les entreprises en difficulté soient soutenues pour la préservation des emplois dans lesdites entreprises. « Le Cnp partage leurs préoccupations et leurs doléances formulées portant sur la réforme du code des investissements pour rendre plus attractive l’investissement privé et la création d’emplois, sur le maintien du statut des Entreprises franches d’exportation (Efe) sur la concurrence déloyale d’importations touchant notre secteur industriel et génératrice de pertes d’emplois, sur cette urgence de sauvegarder notre industrie arachidière », a-t-il détaillé.

Le Cnp plaide également pour a ratification des conventions de l’Oit votée lors de la Conférence internationale du travail.

Par ailleurs, dans le cadre de la relance économique du PAP2A, au « Savoir-faire, Produire et Consommer Sénégalais », le SG du Cnp estime qu’il est important de valoriser l’expertise locale. « Chaque produit importé que nous consommons, consolide ou crée des milliers d’emplois à l’étranger, et engendre en contrepartie des milliers de pertes d’emplois sénégalais ou à créer dans notre pays. Bien entendu, il nous faut aussi veiller à une bonne régulation prix/qualité au regard du pouvoir d’achat des travailleurs et des populations », a-t-il déclaré. Oumar FEDIOR -lesoleil

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