Accueil Actualités Tensions entre communautés de pêcheurs : Relations en eaux troubles

Tensions entre communautés de pêcheurs : Relations en eaux troubles

0

Le village traditionnel des pêcheurs de Cayar a été, très tôt hier, pris d’assaut par les Forces de défense et de sécurité, pour veiller au grain et s’entourer de toutes les précautions dans la prévention de l’irréparable. Aussi bien à Mboro qu’à Cayar, les pêcheurs ont tenu, de part et d’autre, des points de presse pour se blanchir des différentes accusations.

Par Cheikh CAMARA – C’est le chaos : des maisons de pêcheurs Guet-ndariens saccagées, des pirogues et des filets de pêche brûlés sur la plage de Cayar, plusieurs jeunes arrêtés et transférés à la Brigade de recherche de la gendarmerie de Thiès. Plus tard, un point de presse a été tenu à Cayar pour éclairer la lanterne des uns et des autres. Dans cette localité, les pêcheurs expliquent que leur ministre de tutelle n’a pas les capacités de trouver une solution définitive à ce conflit. Momar Talla Niang, porte-parole des pê­cheurs de Cayar, revient sur le déroulement des faits : «Ce qui s’est passé ? Des adolescents et innocents pêcheurs cayarois ont été victimes d’une agression armée qui a occasionné 27 blessés don 7 cas graves, les 5 sont en réanimation et les deux autres sont admis en urgences. Les pertes en matériels de pêche enregistrées sont considérables et d’une valeur non encore estimée.» Il rappelle que «ce conflit remonte à 2005». Il explique : «Malgré toutes les démarches entreprises par les différentes parties antagonistes, aucune solution n’a encore été trouvée jusqu’ici, pire, tous les ministres qui se sont succédé au département des Pêches se sont montrés incompétents, incapables de résoudre la crise.» Momar Talla Niang remarque que «la situation a été empirée par la récente sortie du ministre des Pêches, qui a montré ses limites». Aussi, Cayar interpelle le président de la République, l’ensemble des chefs religieux du pays, pour que «Justice soit faite dans cette affaire».

Les pêcheurs de Cayar campent aujourd’hui plus que jamais sur leur position par rapport au respect strict du Code de la pêche. Des populations qui, rappellent-elles, «ne cherchent rien d’autre que la préservation de la ressource, tout simplement». Les gens de mer de Cayar précisent «n’être en conflit avec aucune communauté de pêcheurs». Toutefois, ils s’insurgent contre «les mesures sur la délimitation des frontières maritimes entre Cayar et Mboro».

Sous haute tension
Actuellement, 18 jeunes de Cayar ont été interpellés suite aux actes de vandalisme perpétrés contre les pirogues et les filets des pécheurs de Mboro et de Guet Ndar, en plus d’avoir saccagé «maladroitement» certaines de leurs concessions. A Mboro également, les pêcheurs ont effectué une sortie pour démentir les propos tenus par les Cayarois. Le porte-parole du jour pense que «l’Etat doit prendre des mesures urgentes pour procéder à la délimitation des frontières entre Mboro et Cayar». Ahmed Diop, pour le rétablissement de la vérité des faits, de se demander : «Comment une pirogue de taille petite, avec à bord seulement trois individus, peut-elle se permettre de s’attaquer à une grande embarcation d’une grande quantité avec environ quelque 25 de gens de mer à bord ? Ça n’a pas de sens. Ce jour-là, les pêcheurs de Cayar se sont déplacés jusque dans les eaux de Mboro, dans le seul but de venir se bagarrer. En pleine mer, ils ont cruellement heurté les petites pirogues de trois à quatre personnes trouvées sur place, ce jusqu’à occasionner même une perte en vie humaine. Et jusqu’à présent, le corps sans vie de Lamine Niang n’a pas été retrouvé.» Les pêcheurs de Cayar lancent un appel au chef de l’Etat dont ils pensent «être le seul à même d’apporter une solution à cette crise, à pouvoir ramener la paix dans la zone, par la délimitation des frontières entre les deux parties».
Correspondant

Article précédentAudit des soins
Article suivantConflit entre pêcheurs  : Autopsie d’une affaire

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici