Le Secrétaire général du Cadre unitaire de l’islam au Sénégal (Cudis), Cheikh Guèye, appelle à la décrispation de l’espace politique. Ce responsable du Cudis y croit et prône un nouveau renvoi du procès Mame Mbaye Niang-Ousmane Sonko, mais aussi la suspension des manifestations de l’opposition.
Par Ousmane SOW – C’est dans une atmosphère de tensions sur fond d’arrestations que l’opposition compte mettre en branle une série de manifestations à partir de ce 29 mars, au moment où le chef de l’Etat affirme que «tout fauteur de troubles sera sanctionné». Une situation qui inquiète le Secrétaire général du Cadre unitaire de l’islam au Sénégal (Cudis), le docteur Cheikh Guèye. Ce dernier considère qu’au vu de la solennité du moment (Ramadan, Carême), une pause politique devrait être marquée. «Je pense qu’il faut suspendre les manifestations, mais en même temps, renvoyer de nouveau ce procès que tout le monde craint», prêche Dr Cheikh Guèye, tout en déplorant la surpolitisation de l’espace public.
Invité de l’émission Le Grand Jury de la Rfm hier, le Secrétaire général du Cudis estime que cette solennité du moment le ramène au fait qu’en cette période, musulmans et chrétiens jeûnent en même temps, en plus de la Fête de l’indépendance qui approche à grands pas. Il s’agit, selon le Dr Cheikh Guèye, d’une opportunité pour le Sénégal de se «retrouver, de s’élever spirituellement, d’être dans le pardon et de travailler à plus de cohésion sociale». Et parmi les mécanismes pour arriver à l’apaisement de l’espace politique, le Cudis évoque aussi la libération des détenus «politiques», qui est, au regard du Dr Cheikh Guèye, un élément dans la démarche de décrispation. Il y croit, mais à condition, dit-il, que chaque camp (pouvoir et opposition) accepte de laisser quelque chose, qu’il y ait un compromis. «Je continue à croire que c’est très possible et que cela doit être arbitré par les religieux et les médias», a-t-il fait savoir. Il révèle ainsi être en permanence dans la médiation, surtout quand une manifestation se prépare.
Sur l’origine de la tension politique, Dr Guèye estime que «la radicalisation est liée à des affaires juridiques, politiques mais aussi socio-économiques». Il pointe du doigt le taux de chômage assez élevé.
Reste à savoir si le procès sera renvoyé pour une quatrième fois ou, à défaut, si l’opposition va annuler ses manifestations.












