L’installation annoncée d’une usine de dessalement crée une certaine tension au niveau des villages de Benoba, Keur Mame Nar, Keur Assane, Déni Gueth et Keur Marème Mbengue.
Par Alioune Badara NDIAYE – A côté du Pôle urbain du Lac Rose dont les limites restent encore floues dans leur tête, les populations de Benoba voient leurs appréhensions croître avec l’érection annoncée d’une usine de dessalement dans leur terroir. Lors d’un rassemblement tenu le week-end, le collectif Sunu goxx sa kanam, regroupant les habitants de Benoba, Keur Mame Nar, Keur Assane, Déni Gueth et Keur Marème Mbengue, a sonné l’alerte pour se faire entendre de l’opinion. «Ces villages se sont réunis pour défendre les intérêts de la zone. Nous sommes face à des incohérences qui ont été notées ces jours-ci. La Sones dit que l’Etat veut implanter une usine de dessalement dans cette zone, mais la démarche laisse à désirer», a indiqué Dr Mbaye Lô, porte-parole du jour. «Le Préfet a essayé de créer une discussion avec nous et lors de la rencontre, il a évoqué certains points. Malheureusement, ces points n’ont pas été respectés», a-t-il poursuivi dans sa déclaration. Se voulant on ne peut plus clair, Dr Lô d’enchaîner : «Ils avaient des limites de sondage qu’ils ont dépassées, l’ingénieur qui était venu avait donné sa parole. Lui a parlé de 20 hectares et eux nous parlent de 32 hectares aujourd’hui.» Un état de fait qui a poussé les populations à se braquer. «Nous ne sommes pas contre le projet, mais avant tout acte, il faut que des discussions puissent avoir lieu. On ne peut accepter qu’un projet soit exécuté dans notre localité sans qu’on ne soit impliqués», a-t-il estimé. Pour Cheikh Omar Diallo, parlant au nom des chefs de village concernés, l’Etat a l’obligation de les édifier sur ce qui est en train de se faire dans leur terroir. «Les limites de 20 hectares ont été dépassées et aujourd’hui, des maisons et des champs se retrouvent dans la zone qu’ils sont en train de sonder pour l’usine», a-t-il noté, annonçant des risques de destruction de la bande de filaos avec ce projet. Après ce premier acte qui a enregistré la présence de centaines de manifestants, le collectif compte poursuivre le combat. Entretemps, ils ont promis de bloquer toute entreprise de sondage pour les besoins de l’usine de dessalement.
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