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Transport – Echanges avec des chefs religieux : Les grévistes reprennent la route

Les routiers grévistes ont décidé de suspendre leur mot d’ordre de grève pour permettre aux pèlerins de se rendre au Magal de Porokhane. En plus du Khalife général des Mourides, la famille omarienne, qui a célébré sa Ziarra annuelle à partir de ce vendredi, avait aussi demandé aux leaders syndicaux de mettre fin à leur mouvement qui dure depuis une semaine.

Par Bocar SAKHO – C’est une porte de sortie pour les grévistes. Après avoir rencontré hier le Khalife général des Mourides, l’Intersyndicale des transports routiers du Sénégal (Itrs), principalement composée du Syndicat national des travailleurs des transports routiers du Sénégal (Snttrs) dirigé par Alassane Ndoye et l’Union des routiers du Sénégal (Urs), conduite par Gora Khouma, a décidé de suspendre son mot d’ordre de grève enclenché depuis mercredi dernier. Cette mesure va permettre à des millions de pèlerins de pouvoir se déplacer, car il y a une succession d’évènements religieux qui constituaient un frein à la poursuite de cette grève : il y a la 43ème édition de la Ziarra omarienne prévue du 27 au 29 janvier, le Magal de Kazu Rajab prévu le 17 février et aussi le Magal de Porokhane ce 2 février.

Parallèlement au khalife des Mourides, la famille omarienne a aussi pris langue avec les opérateurs grévistes pour leur demander de lever le pied. Ils ont été sensibles à ces préoccupations religieuses et ont accepté de lever le pied, après une semaine d’arrêt de travail. «Nous avons accepté d’arrêter cette grève. Il reste maintenant à en définir les modalités. Nous allons rendre compte à la base et de concert avec elle, nous aviserons l’opinion des contours d’un dégel avant de revenir après le Magal de Porokhane pour une nouvelle audience», avance Alassane Ndoye. Pour les rassurer, le saint homme a annoncé qu’il va discuter avec les autorités pour un assouplissement de certaines mesures, qui ont radicalisé MM. Ndoye et Khouma. Il s’agit surtout de l’interdiction du transport urbain entre 23 heures et 05 heures du matin. Et l’Itrs demande surtout la refonte des 22 mesures prises par le Conseil interministériel sur la sécurité routière du 09 janvier 2023, après l’accident de Sikilo qui a fait 42 morts. Mais, les grévistes se sont heurtés au refus du ministre des Transports, qui a soutenu clairement que «le gouvernement reste déterminé à les faire appliquer, en raison de la nécessité urgente et impérieuse de réduire les accidents de la route». Après des discussions avec certains acteurs du secteur, les autorités sont revenues sur certaines décisions comme le maintien des porte-bagages sur les véhicules de transport public de voyageurs pour une durée d’un an, la mise en œuvre de la mesure relative à la durée d’exploitation des véhicules de transport public (20 ans pour les véhicules de transport de voyageurs et 25 ans pour les gros porteurs) bénéficie d’une période dérogatoire de deux ans.
Pour les autorités, toutes les autres restent en vigueur, à savoir l’interdiction du transport urbain de 23h à 5h du matin, l’interdiction de l’importation de pneus d’occasion, le plombage des compteurs des véhicules de transport à 90 km/h, l’interdiction de toute transformation de véhicule destiné au transport de marchandises (fourgon, fourgonnette, camion, etc.) en véhicule de transport de passagers, les contrôles techniques de tous les véhicules de transport se feront à Dakar. Cette fermeté du gouvernement s’explique surtout par le non-respect du mouvement par plusieurs structures du secteur comme l’Aftu, le Cadre unitaire des syndicats de transport routier du Sénégal (Custrs). Avec l’amélioration de l’offre de service comme la mise en circulation du Ter, l’Etat n’était plus soumis à la pression des grévistes comme en décembre 2021, quand il était obligé de céder sur plusieurs points. Pour Alassane Ndoye et Gora Khouma, c’est une porte de sortie honorable alors que la grève était au point mort…
bsakho@lequotidien.sn

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