Société

Transports en commun à Dakar: Quand les dames subissent des harcèlements

Au terminus des lignes Tata des Parcelles Assainies, Tabara Niang attendait tranquillement que la ligne 5 prenne le départ. Avec ses formes généreuses, son « Jean » et une chemise rose dévoilant ses splendides seins, elle soutient être obligée de prendre ces minibus car ne pouvant se payer le luxe d’un taxi. Juste qu’elle est souvent victime d’attouchements de la part d’hommes attirés certainement par ses rondeurs. « Certains hommes sans scrupules profitent des surcharges pour se mettre derrière des femmes. Et une fois pris la main dans le sac (ou plutôt la verge sur la croupe !), ils quittent précipitamment le bus ».

Receveur dans un bus de ces lignes, Ngagne D avoue avoir été plusieurs fois témoin de ces scènes pour le moins cocasses. Ça commence par des comportements qui peuvent paraître anodins ou acceptables. « Il y a les regards soutenus, pesants voire déstabilisants. Des regards parfois lubriques et d’autres menaçants. Certains hommes “se lèchent les lèvres en te fixant intensément, comme si tu étais de la viande ou du bétail », éructe de rage cette grande dame caissière dans une banque de la place.

D’après la dame Awa Diouf, le harcèlement et les agressions dans les transports collectifs s’illustrent par des attouchements commis par ceux qu’on appelle les “frotteurs’’. Ces prédateurs sexuels profitent des bus plus ou moins bondés et agressent des femmes en les effleurant, les caressant ou en se collant à leur corps sans leur consentement. Parfois même, ils n’hésitent pas à promener leurs mains sur les fesses de leurs victimes. Mariétou Cissokho a vécu une amère expérience dans un bus de la ligne 69 en partance pour Thiaroye.
« J’étais dans le mini bus qui était surchargé. J’avais même du mal à me tenir debout correctement. En un moment donné, j’ai senti la main d’un homme sur mes fesses. Je me suis retournée et, sans hésiter, je lui ai administré une paire de gifles bien retentissante tout en ameutant les passagers. Heureusement pour lui, il a quitté précipitamment le car pour échapper à un lynchage collectif » raconte, dépitée, la belle Jongoma.

Le Témoin

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