Directeur du Centre des œuvres universitaires de Thiès, qui gère plusieurs campus éparpillés dans la capitale du Rail, Cheikh Sall fait le point sur la gestion des étudiants de l’Université Iba Der Thiam. Le Crous-T gère aussi l’Ecole polytechnique et les élèves des classes préparatoires aux grandes écoles dont la pose de la première pierre sera effectuée par le chef de l’Etat ce jeudi en marge du Conseil des ministres décentralisé à Thiès.
M. le directeur, quelle est la situation au niveau du Crous de Thiès ?
Depuis trois ans, je suis directeur du Crous de Thiès, après une vingtaine d’années passées au Coud. Gérer des étudiants est de nature très difficile, mais nous arrivons à s’entendre parce que nous privilégions le dialogue et je loue aussi leur disponibilité à collaborer. D’ailleurs, c’est ce qui nous facilite le travail. Dans notre université, nous arriverons à gérer la restauration, l’hébergement, et ce sont les choses les plus difficiles.
Avec des campus aussi éclatés dans la ville de Thiès, comment gérez-vous les étudiants ?
Les chambres ne sont pas suffisantes, la capacité d’accueil ne permet pas de prendre tout le monde en charge, donc il faudra gérer en fonction des disponibilités par rapport aux 1300 lits dans les quatre campus : le Campus de la Voie de contournement nord (Vcn), le Campus de l’Ecole polytechnique de Thiès, le Campus de l’Ecole du Rail et le Campus de l’Ensa. Nous faisons de la restauration de masse. Généralement, les étudiants se plaignent, mais ce que nous donnons est acceptable et les repreneurs font des efforts au quotidien pour améliorer la qualité des plats. Nous avons aussi réglé le problème de l’approvisionnement en eau qui se posait toujours au niveau de l’Ecole du Rail. Nous avons construit deux forages là-bas qui nous permettent de conjuguer avec la Sen’Eau pour l’approvisionnement en eau. D’ailleurs, pendant les vacances, ces forages aident les populations des quartiers qui jouxtent le campus. Dans le cadre de l’animation culturelle, nous organisons des tournois, des projections de film, comme ça se passe un peu partout. Vous savez, nous sommes régis par les mêmes textes, les loisirs font partie intégrante de l’éducation. C’est pourquoi nous voulons construire cette année, des terrains de sport parce que, à part l’Ecole polytechnique, les autres campus ne disposent pas d’infrastructures sportives dignes de ce nom. Nous sommes en train de mettre les bouchées doubles pour disposer cette année de terrain de football synthétique et un parcours sport de haut niveau.
Comment gérez-vous cet afflux d’étudiants chaque année ? Il y a un non-achèvement des chantiers à l’université, cela a-t-il un impact sur les activités du Crous ?
L’Etat est en train de faire de gros efforts, au niveau de la Vcn, il y a un pavillon en phase de finition et cela portera le nombre de lits à 2300. Chaque année, après la fermeture des campus, nous faisons l’état des lieux, cela nous permet de réhabiliter certains pavillons, faire de la plomberie, de l’électricité, de la quincaillerie, de la peinture ; c’est ce que nous appelons des travaux de vacances. Nous avons également déjà réalisé le désherbage, la désinfection, et les étudiants sont dans les campus depuis l’ouverture, le 3 octobre.
Nous avons un projet de construction de pavillons et de bâtiments administratifs, d’un centre d’épuration, d’un bloc médico-social, d’un château d’eau. Ce sont deux projets de 4 milliards chacun. Là où c’est intéressant, c’est que l’Etat a prévu de construire un bloc administratif au niveau de l’Ensa et au niveau de l’Ecole polytechnique. Cela permettra au Crous de Thiès d’arrêter la location et de réinvestir cet argent dans le fonctionnement.
Nous aurons en charge également les élèves des classes préparatoires aux grandes écoles. D’ailleurs, le président de la République, Macky Sall, viendra ce jeudi faire la pose de la première pierre de cet excellent projet qui nous permettra de former nos élites dans notre pays. Le terrain se situe derrière l’Ecole polyethnique.
Les Classes préparatoires sont calquées sur le modèle français, il y a des professeurs agrégés qui accompagnent, encadrent les élèves. Pour la circonstance, des laboratoires de haut niveau sont très bien équipés pour permettre aux élèves d’être dans d’excellentes conditions de réussite pour pouvoir intégrer les plus grandes écoles d’ingénieurs de ce monde. Ils vont acquérir un socle solide de connaissances suivant les besoins du pays en matière de développement. Nous nous préparons donc à l’accueil du chef de l’Etat, et rien ne sera négligé pour lui réserver un accueil chaleureux, dans toute la région de Thiès. La mobilisation sera au rendez-vous à travers les trois départements : Thiès, Mbour, Tivaouane.
Par B. SAKHO – bsakho@lequotidien.sn











