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Union africaine, 60 ans après : les défis restent majeurs

25 mai 1963-25 mai 2023. Il y a 60 ans des Chefs d’Etats africains fondaient l’Organisation de l’unité africaine (Oua). L’institution devient par la suite, le 9 juillet 2002, l’Union africaine dont l’objectif est de promouvoir la paix, la sécurité et la stabilité dans le continent. Même si des progrès ont été réalisés dans ce cadre, l’UA fait l’objet de critiques de la part des citoyens. Aujourd’hui, dans un contexte de guerres latentes, de terrorisme et de coups d’Etat récurrents, l’Union africaine fait face à plusieurs défis.

Créée en 1963 au lendemain des indépendances sous l’impulsion du président ghanéen Kwame Nkrumah, l’Organisation de l’unité africaine (OUA) était la «manifestation de la vision panafricaine d’une Afrique unie, libre et en pleine possession de sa propre destinée». L’objectif étant la libéralisation et la décolonisation des peuples africains. Le 9 juillet 2002, l’OUA est remplacée par l’Union africaine (UA) à Durban, en Afrique du Sud, deux ans après la signature de la Déclaration de Syrte visant à lancer le projet. L’UA s’inscrit dans la vision d’une «Afrique intégrée, prospère et pacifique, dirigée par ses propres citoyens et représentant une force dynamique sur la scène internationale», d’après son site. Elle devrait permettre de renforcer l’union politique et le développement socio-économique du continent, de promouvoir la démocratie et les droits humains et de favoriser l’intégration de l’Afrique sur la scène internationale.

Depuis sa création, l’Union africaine se manifeste sur le plan de l’intégration des communautés économiques et régionales. Au cours des deux dernières années, elle a élaboré des politiques significatives en matière de paix et de sécurité et de commerce, comme la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Entrée en vigueur en 2021, la Zlecaf vise à favoriser le commerce intra-africain et à rompre avec les schémas traditionnels de commerce. Elle devra ainsi permettre de stimuler la croissance économique et de transformer les perspectives de développement du continent en une réalité palpable. Sur la question de la promotion de la paix et de la sécurité, l’Union africaine a pris en charge les conflits au fur et à mesure. Même si elle œuvre à se donner les moyens pour mettre un terme à l’insécurité qui tend malheureusement à prendre de l’ampleur, menaçant la stabilité politique et la sécurité de l’ensemble des sous-régions, le terrorisme est un fléau contre lequel le continent semble aujourd’hui impuissant. Parmi les efforts de l’UA, il y a la bataille qui a permis de mettre à la disposition du continent les vaccins contre la Covid-19.

En effet, ces dernières années, des guerres civiles meurtrières, des insurrections armées, des coups d’Etats et autres crises ont secoué le continent avec des milliers de morts. Sur ce, l’UA fait l’objet de plusieurs critiques même si elle peut se targuer de quelques succès. Il est lui reproché de ne pas suffisamment peser, du moins d’empêcher, à titre d’exemple, la résurgence des changements constitutionnels sur le continent. Et surtout d’avoir sous-traité la gestion des crises nées de ces changements. Son incapacité à assurer son financement l’a fragilisée et l’a rendue dépendante de ses partenaires étrangers. Ce qui, d’un avis général, affaiblit son pouvoir décisionnel, alors que le continent fait de plus en plus objet de convoitises étrangères au regard de ses richesses naturelles. L’instabilité et le manque de souveraineté décisionnelle entravent sa marche. Du coup, il reste encore beaucoup à l’Union africaine pour atteindre les objectifs politiques économiques et culturels africains définis dans l’Agenda 2063, adopté en 2013.

Aujourd’hui, l’Union africaine fait face à de nombreux défis internes et externes auxquels le continent est confronté. Elle aura fort à faire en matière de paix et de sécurité au cours des années à venir. Ce, en surmontant un manque de volonté politique et en relevant les défis structurels afin de réagir efficacement aux crises de sécurité sur le continent, conformément à sa mission fondatrice.

Mariame DJIGO

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