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Vélingara – Grève des agents du secteur primaire : Des menaces qui planent sur le cheptel

La grève des agents de l’élevage apeure les éleveurs du département de Vélingara qui, déjà, font face à des épizooties non prises en charge médicalement. Le retard dans le démarrage de la campagne de vaccination du cheptel y est pour quelque chose. Il y a aussi le défaut de contrôle des entrées aux frontières nationales avec son lot d’intrusion possible de maladies, mais aussi de voleurs de bétail.

Par Abdoulaye KAMARA-Correspondant- Le cheptel du département de Vélingara fait face actuellement à 3 épizooties. Il s’agit de la maladie de Newcastle qui touche la volaille, la peste des petits ruminants et la dermatose nodulaire contagieuse bovine qui sévit le long des frontières départementales avec la Guinée-Bissau et la Guinée Conakry. C’est du moins les échos que reçoivent les techniciens du secteur de l’élevage en poste dans la localité. Dr Alioune Guèye, chef du service de l’Elevage et des travaux vétérinaires, confirme : «Nous recevons des informations et des complaintes des éleveurs relativement à la prévalence d’épizooties dans le département, surtout le long de la frontière avec les 2 Guinée. Malheureusement, du fait de la grève, nos équipes sur le terrain ne font pas de remontée d’informations sanitaires, pas de rapports hebdomadaires sur la situation épidémiologique. Nous avons les mains liées.»

Une situation qui installe la peur du côté des éleveurs. Issaga Mballo, le président de la Maison des éleveurs de la région de Kolda, témoigne : «Nous vivons de l’élevage. Malheureusement, la grève des techniciens menace la survie de notre activité. Pas de soins pour nos animaux, la vaccination du cheptel annoncée, qui devait prévenir les maladies qui sévissent actuellement, tarde à démarrer du fait de la grève. La volaille est attaquée par une maladie, les chèvres meurent, et les bœufs au niveau des zones frontalières. Au même moment, les entrées au niveau des frontières ne sont pas contrôlées, alors que, d’habitude, certaines maladies du bétail nous viennent des pays voisins. Pas de soins d’urgence, pas de prévention. C’est grave.» Pire, ajoute le patriarche septuagénaire Mballo, «le défaut de contrôle au niveau des frontières autorise la circulation du bétail. Un animal volé peut facilement franchir la frontière de part et d’autre». Aussi, le président des éleveurs de la région de Kolda invite-t-il l’Etat du Sénégal à convoquer les agents du secteur primaire à la table des négociations pour la levée du mot d’ordre de grève, pour le plus grand bonheur des éleveurs, des pêcheurs, des agriculteurs, en somme de la majorité de la population du Sénégal.

A rappeler que la campagne de vaccination du cheptel, lancée le 9 septembre 2022, devait se faire conjointement avec les pays limitrophes comme la Gambie, la Guinée-Bissau et la Guinée Conakry. Une perspective qui avait créé un grand enthousiasme au sein de la structure faîtière des éleveurs. La Maison des éleveurs (Mde), qui avait décidé, au cours du Comité départemental de développement (Cdd), d’organiser une tournée de sensibilisation dans toutes les zones d’élevage pour obtenir une adhésion massive au programme qui devait être accompagné d’un recensement général du cheptel et du marquage du bétail. Malheureusement, tout ce programme est en veilleuse pour l’instant, du fait d’un mot d’ordre de grève qui court depuis le 19 septembre 2022.

Le personnel technique réquisitionné
Le seul service que les techniciens de l’élevage, employés par l’Etat, assurent en permanence, c’est le contrôle sanitaire du bétail destiné à l’abattage pour la consommation de la population. Dr Alioune Guèye, chef du Service départemental de l’élevage de Vélingara, a confirmé cette information. «La réquisition du ministre est intervenue quelques jours seulement après le début de la grève, au mois de septembre dernier. La mesure est rigoureusement respectée dans nos services», précise-t-il. Une mesure qui a le mérite de sécuriser la santé publique, en tout cas, elle peut prévenir la survenance de maladies d’origine animale.

Boycott de la Journée nationale de l’élevage
Le 26 novembre prochain, les éleveurs du Sénégal vont organiser à Tambacounda, la Journée nationale de l’élevage qui leur est dédiée par le Président Macky Sall. Toutefois, les éleveurs ne verront pas à leurs côtés les agents du ministère de l’Elevage en grève. Ils ont décidé de la boycotter du fait du mot d’ordre de grève de leur syndicat, qui court depuis 2 mois déjà. Cette journée instituée par le Président Macky Sall permet aux acteurs de faire le point sur la situation du secteur, poser les problèmes et proposer des solutions. A ce titre, les techniciens ont un grand rôle à jouer, en termes d’encadrement de leurs collaborateurs sur le terrain, mais aussi pour la proposition de solutions aux maux du secteur. En plus, selon Dr Alioune Guèye, le patron des éleveurs de Vélingara, «à chaque édition, des lauréats sont primés par le chef de l’Etat. Chaque département met en place un comité restreint de choix des éleveurs les plus méritants. Et l’avis du technicien est prépondérant pour le choix. Ce sont eux d’ailleurs qui proposent des noms et participent à la validation des différentes propositions émises par les hommes sur le terrain». C’est dire qu’il persiste des interrogations sur la qualité de la journée à venir, en termes de pertinence des propositions qui seront faites et de la légitimité des éleveurs à primer.
akamara@lequotidien.sn

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