Le maire de Bonconto, Ibrahima Diao, a lancé samedi passé, un programme de création de classes préscolaires communautaires dans les villages de la commune. En collaboration avec le Groupe Educhance coaching (Gec) et l’Inspection départementale de l’éducation, il va s’agir de booster le taux de préscolarisation dans ce terroir du département de Vélingara en passant de 22% à 100% dans les 3 prochaines années.
Par Abdoulaye KAMARA – Dans 3 ans, tous les enfants âgés de 2 à 5 ans de la commune de Bonconto, située dans le département de Vélingara, ne resteront pas à la maison les jours ouvrables, par faute d’infrastructures d’accueil. Il y aura assez de classes préscolaires pour les recevoir tous, ainsi que des moniteurs pour leur prise en charge. C’est du moins l’intention déclarée par le maire de cette commune rurale, Ibrahima Diao. Il l’a dit, samedi passé, devant des autorités scolaires, des partenaires financiers et techniques ainsi que des notables et des représentants de groupements féminins du terroir, à l’occasion de la cérémonie de lancement de ce projet qui a comme partenaire technique le groupe Educhance coaching (Gec) et comme partenaire institutionnel l’Inspection départementale de l’éducation. M. Diao donnait ainsi le coup d’envoi de son projet de création «d’écoles préscolaires dans des écoles élémentaires existantes». «Déjà 15 moniteurs sont recrutés, à partir d’une sélection assez rigoureuse et ont déjà suivi une formation initiale. A la rentrée des classes prochaine, ils seront sur le terrain, dans les salles de classe», dit l’édile de cette commune très rurale. Pour le financement de ce projet, Ibrahima Diao compte sur des ressources propres, mais aussi sur des ressources extérieures, et le Groupe Educhance coaching devra se charger de la mise en rapport avec des partenaires financiers.
L’Inspecteur départemental de l’éducation et de la formation (Ief), Déthiouck Samba, a révélé que la commune connaît un taux de préscolarisation de 22%. Et qu’il y a 12 écoles préscolaires installées dans les 17 écoles élémentaires existantes. D’où toute la pertinence de ce projet, a-t-il noté. Ajoutant : «Si les collectivités territoriales ne font rien pour ce secteur, 80% des enfants du Sénégal ne vont pas fréquenter des classes préscolaires. Il faut saluer cette vision futuriste du maire de Bonconto. Qu’il soit assuré de l’accompagnement de l’Ief qui va former les moniteurs, en assurer le suivi et, pourquoi pas, quand l’opportunité se présente, aider à leur intégration comme agents de l’Etat.» Et puis, insistant sur la congruence de cette initiative avec les objectifs de préscolarisation de l’Etat du Sénégal, M. Samba a dit : «L’objectif de l’Etat du Sénégal c’est la préscolarisation universelle. Que chaque enfant qui naît au Sénégal puisse avoir la possibilité de disposer de quelques années de préscolarisation. Actuellement le Sénégal en est à 18% de taux de préscolarisation. Loin du compte. Dans le département nous sommes à 19%. A Bonconto nous sommes à 22%.»
Pour en arriver à cette initiative, le maire a constaté que le taux d’achèvement à l’école élémentaire est faible dans la zone. Et en sa qualité de spécialiste des questions d’éducation dans une Ong de la place, il a conclu au défaut de préparation psycho-cognitive dès les premières années de vie, c’est-à-dire entre 2 et 6 ans. Ce fut l’occasion pour M. le maire et ses partenaires de chercher la caution communautaire pour la réussite du projet en sensibilisant tout ce beau monde qui a fait le déplacement à l’école élémentaire du village de Bonconto sur l’importance de la préscolarisation pour le développement psycho-cognitif de l’enfant. D’abord Déthiouck Samba, inspecteur de l’éducation et de la formation : «Chez l’être humain, tout est joué avant 6 ans. Le Bon Dieu a créé le cerveau humain de telle sorte que l’essentiel des connexions dans le cerveau de l’enfant se font avant 6 ans. Après 6 ans, on grandit en devenant spécialiste tout simplement. Si avant 6 ans on n’a pas eu la chance d’être placé dans une situation où on peut développer certaines dispositions, après 6 ans ce sera très difficile de le réussir.»
Et puis Ibrahima Giroux, Dr en psychologie cognitive, directeur fondateur du groupe Educhance coaching, partenaire technique, y est allé de ses enseignements : «Aujourd’hui la compétition au niveau mondiale est une compétition ouverte. Celui qui investit le plus dans l’éducation de sa communauté a toutes les chances d’être premier en tant que civilisation au niveau mondial. Nous vivons l’ère de la connaissance. La plus grande richesse d’une Nation, ce n’est plus les ressources énergétiques, ce sont les ressources humaines. Nous vivons l’ère de la société des connaissances. Ce que la Chine a de plus que les Etats-Unis, c’est le nombre de savants créés. C’est le nombre de publications scientifiques. Ici le maire veut investir dans l’éduction des enfants, il veut offrir au Sénégal des ressources humaines de qualité. Une contribution au Plan Sénégal émergent dans son axe de la promotion du capital humain. Au Sénégal on a du mal à programmer le développement humain. C’est cette vision qu’a le maire Diao.»
Dans la commune de Bonconto se trouvent 35 villages pour 17 écoles élémentaires et 12 écoles préscolaires. C’est dire que les enfants de plusieurs villages ne peuvent pas trouver d’opportunité de fréquenter une structure préscolaire. Une anomalie que veut effacer le maire Ibrahima Diao.
akamara@lequotidien.sn












