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Vulgarisation de la Charte du Manden : Les jeunes invités à se l’approprier – Lequotidien

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Les jeunes Africains, et plus particulièrement les Sénégalais, devraient s’identifier à des valeurs véhiculées dans la Charte du Manden. C’est la recommandation faite par Dr Djibril Diallo, écrivain et professeur de lettres, qui animait une conférence sur cette charte clôturant la série de conférences organisées par le Grand Théâtre durant l’année 2022.   

Par Amadou MBODJI – Dr Djibril Diallo, écrivain et professeur de lettres, invite la jeune génération à s’approprier la Charte du Manden, qui véhicule un certain de nombre valeurs qui pourraient leur permettre de vivre en harmonie avec la société, au moment où on note une perte des valeurs. Une jeune génération qui ne sait plus à quelle culture se vouer, avec surtout la transformation du monde en un village planétaire du fait de l’émergence des nouvelles technologies de l’information et de la communication. «La Charte du Manden peut être utile à la jeune génération parce qu’elle peut permettre aux jeunes Sérères de comprendre qu’ils ne doivent pas se quereller avec le jeune Diola, depuis huit cents ans que nos ancêtres ont scellé ce pacte, au jeune Haal Pular de ne pas attaquer le jeune Sérère quelle que soit la situation. Parce qu’il y a quelque chose de totémique entre leurs deux clans : la parenté à plaisanterie. Il faudra que nous allions chercher dans ça les valeurs, pas toutes les valeurs, parce qu’il y avait des contre-valeurs aussi. Prenons chez eux ce qu’il y avait de mieux et opposons cela aux autres. Sinon, demain sera très difficile pour nous», recommande le professeur Djibril Diallo, qui animait une conférence sur la Charte du Manden, le 29 décembre 2022, dans le cadre des activités du Grand Théâtre. Poursuivant son argumentaire, M. Diallo, qui fut pendant 11 ans l’assistant du professeur Djibril Tamsir Niane, de souligner que pour que la jeune génération accède à la Charte du Manden, «il faut que le gouvernement se l’approprie d’abord». «Il faudrait que nous arrivions à convaincre les hommes politiques que c’est ça le chemin», renchérit le professeur Diallo qui donne des cours au département de Lettres modernes et au département de Lettres classiques de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad). «Ce que je dis à cette jeunesse-là, c’est qu’elle est sur le dos de l’éléphant. Quand tu es sur le dos de l’éléphant, tu ne crains pas la rosée. Les valeurs sûres sont là, elle n’a qu’à accepter de venir chez les anciens pour qu’on leur transmette ces valeurs-là», rembraie le professeur, qui souligne que l’école peut-être un lieu de vulgarisation de la Charte du Manden. L’école ou l’université, «surtout les universités parce que c’est là où ils atteignent un degré de conscience très élevé». «Et Dakar a cette chance aujourd’hui de pouvoir être ce carrefour. Si je vous dis qu’il y a deux ans, j’ai fait une enquête et je me suis rendu compte que dans les universités privées du Sénégal, il y a au moins 400 étudiants guinéens. Donc Dakar est aujourd’hui une capitale africaine», indique-t-il.

Pour Mme Diallo Fatou Sidibé Guèye, Secrétaire générale du Grand Théâtre national Doudou Ndiaye Coumba Rose, les questions relatives, entre autres, à la protection de l’enfant et des femmes, qui sont des thèmes traités à un très haut niveau, au niveau des Nations unies et des organismes internationaux, se retrouvent depuis des siècles dans la Charte du Manden.  «Au niveau de l’Afrique, nous avons déjà eu, il y a quelques siècles, une charte qui résume tout, qui peut être notre gouvernail, notre livre de chevet pour nos gouvernants, nos économistes, pour nous autres culturels, journalistes, Société civile. Tout est dans la Charte du Manden, de la démocratie au bon voisinage, au respect de l’environnement», soutient Mme Diallo. Avant de rajouter que ce texte constitutionnel, sacré, qui a valeur de patrimoine, doit être revisité dans un moment où on parle des grands ensembles. «Nos enfants ont le droit de savoir ce qui est dans la charte. Les personnalités, intellectuels, écrivains, acteurs culturels, doivent faire connaître à ces jeunes ce qui se trouve dans les 44 articles de la Charte du Manden», plaide-t-elle. La char­te de Kouroukan-Fou­ga ou Char­te du Man­den est un ensemble de règles juridiques proclamée en 1236 par l’Em­pereur du Mandén Sondjada kèta, (1190-1255) à Kouroukan-Fouga, une plaine située à Kâaba, à la frontière en­tre le Mali et la Guinée-Conakry.
ambodji@lequotidien.sn

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