La prise en charge des cas de fistule sera faite en routine et gratuitement à partir de janvier 2023 sur l’étendue du territoire. L’annonce a été faite hier par Dr Amadou Doucouré, directeur de la Santé de la mère et de l’enfant au ministère de la Santé et de l’action sociale, en visite dans la région.
Par Khady SONKO – A partir de janvier 2023, la prise en charge des cas de fistule sera en routine et gratuitement. Les praticiens n’auront plus besoin de faire des camps de fistule pour prendre en charge les femmes victimes de cette pathologie qui constitue un drame social. «Tout cas de fistule qui se présentera dans une structure sanitaire après diagnostic, sera pris en charge gratuitement», garantit le directeur de la Santé de la mère et de l’enfant au ministère de la Santé et de l’action sociale, en visite dans la région de Ziguinchor.
A cet effet, annonce Amadou Doucouré, l’hôpital de la Paix de Ziguinchor va constituer un centre de référence pour les régions sud du pays. «Le potentiel existe en termes de ressources humaines, mais aussi en termes d’équipements. Nous allons voir avec nos collègues de la direction des Etablissements publics de santé, comment renforcer le dispositif qui existe pour prendre en charge correctement ces cas», a déclaré le directeur de la Santé de la mère et de l’enfant.
Il était en visite à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor pour superviser un camp de chirurgie réparatrice des femmes porteuses de fistule dans les régions de Sédhiou, Kolda et Ziguinchor. Le camp a pris en charge gratuitement 20 femmes porteuses de fistule venant des trois régions de la Casamance. Du transport jusqu’à l’hôpital à l’intervention chirurgicale, en passant par l’hébergement, la restauration, tout a été gratuit grâce au soutien du ministère en charge de la Santé, à l’engagement de l’équipe d’experts composés d’urologues pour restaurer la dignité des femmes victimes de fistule. La fistule est un problème de santé publique dont souffrent beaucoup de femmes. Il s’agit d’une communication anormale entre la vessie et le rectum, ainsi qu’entre la vessie et le vagin. «La fistule se manifeste par l’impossibilité pour la femme de retenir ses selles ou ses urines, ce qui fait qu’elle ne peut pas avoir une vie sociale, une vie familiale. Elle est exclue», explique Pr Boubacar Fall, chirurgien-urologue, chef du service de chirurgie à l’hôpital de la Paix de Ziguinchor, par ailleurs enseignant à l’Ufr santé de l’université Assane Seck de Ziguinchor.
Les accouchements à domicile, le retard de recours au niveau des structures sanitaires, mais aussi le retard dans la prise en charge des complications obstétricales constituent les causes de cette pathologie. D’ailleurs, le Sénégal s’engage à éliminer la fistule obstétricale comme problème de santé publique en 2030. Pour ce faire, le gouvernement a élaboré une stratégie avec quatre axes d’intervention. Il s’agit de la prévention à travers la sensibilisation, mais aussi le renforcement des structures sanitaires pour améliorer l’accessibilité géographique. Le deuxième axe concerne la prise en charge chirurgicale holistique de cette pathologie à travers des camps qu’organisent régulièrement les acteurs de la santé, mais aussi la prise en charge qui se fait au niveau de l’Hôpital général de Grand-Yoff et de l’hôpital de la Paix de Ziguinchor. Le troisième domaine d’intervention a trait à la réinsertion sociale pour rendre autonomes les victimes de fistule. Enfin, le dernier axe concerne le suivi et l’évaluation de cette stratégie.
ksonko@lequotidien.sn












