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Presse et impôts : ce qu’il faut comprendre

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L’impôt le plus lourd à payer (35%) est l’impôt sur les sociétés (IS), mais cet impôt n’est payé que lorsque l’entreprise réalise un bénéfice. Par conséquent il n’ y a pas matière à débattre, il est dû, il faut le payer.

Par contre, malgré la réalisation d’un bénéfice il arrive très souvent que l’entreprise soit confrontée à des difficultés de trésorerie (pour honorer ce devoir) en faisant face à ses obligations de gestion (charges structurelles, salaires, etc.) ou bien encore par le fait de créances non encore recouvrées. Dans ces conditions, même si elle veut honorer ses obligations fiscales, elle est dans l’impossibilité ponctuelle de le faire à date échue.
Les autres impôts importants dits indirects sont généralement la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et les retenues à la source (RAS) pour les entreprises commerciales.
La TVA est collectée sur les clients au nom de l’Etat et doit être renversée. Les RAS salaires sont collectées sur les employés au nom de l’État et doivent être reversées.

Maintenant, la vie d’une entreprise évolue en dents de scie et le chiffre d’affaires est sinusoïdale, ce qui fait que l’entreprise est obligée, parfois, de faire des arbitrages lorsque la trésorerie est au bas niveau. Elle a le choix entre renverser les impôts et faire attendre des pères et mères de famille ou payer les salaires, soulager des familles et faire attendre l’État. L’obligation sociale, le caractère sacré du salaire et l’humanisme prennent souvent le dessus.
Si le creux de la vague persiste, l’entreprise sera obligée de procéder à une réduction des charges et la première chose à faire est la diminution du personnel pour des raisons économiques.

Au pire des cas, elle met la clef sous le paillasson avec toutes les conséquences induites. Non seulement elle ne paiera pas les impôts dus, mais c’est une unité économique de moins dans l’écosystème entrepreneurial qui est le moteur de l’économie nationale et de création de richesses sans oublier que le salaire d’un employé nourrit toute une chaîne économique (tailleurs, salons de coiffure, vendeurs de café touba, vendeuses de repas, etc.).

Ce n’est certes pas une raison pour ne pas faire face à ses obligations fiscales, mais il y a là assez de raisons pour avoir matière à réfléchir sur les meilleurs voies et moyens de conserver les emplois, de maintenir en vie l’entreprise tout en recouvrant les impôts dus.
Ce n’est pas pour rien que de grandes entreprises européennes et américaines sont renflouées pendant la période des vaches maigres. Lorsque la vache est maigre et ne produit plus de lait, la tuer pour sa viande est la pire des choses à faire. Il faut plutôt penser à son potentiel économique et faire le sacrifice qu’il faut pour la nourrir afin qu’elle devienne productive.

Manuel Valls l’avait si bien compris qu’il a remué ciel et terre pour trouver une solution de relance pour Alstom. Durant la pandémie, c’était pareil, beaucoup d’entreprises ont été maintenues en vie grâce aux fonds publics.

Sans impôts, il n’y a pas d’État, mais sans entreprises, il n’y a pas d’impôts.
l’État doit être le partenaire des entreprises, eux deux sont interdépendants.
La presse publique et celle privée ont toutes deux une mission de service public et doivent être accompagnées par l’État.

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Demba Makalou
Ancien Directeur de Seneweb

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