L’urbanisation galopante dans certaines localités du pays est devenue un vrai problème comme le montre la multiplication des situations conflictuelles dans le département de Mbour. Pour mettre en place un lotissement dans la commune de Thiadiaye, plus de 600 vergers sont détruits par la municipalité, alors que l’autorité municipale avait donné des garanties à l’Association pour la promotion des agriculteurs de Thiadiaye (Apat). Avec cette décision prise par la mairie de Thiadiaye de détruire les récoltes de plus de 600 vergers, c’est le rêve de plusieurs pères de famille qui vient d’être brisé. Et par ricochet, c’est aussi la mort de l’agriculture qui est décrétée dans cette commune.
Cette décision de la mairie a été vigoureusement condamnée par le Collectif pour la préservation et la valorisation des terres paysannes/Manko aar sunu souf (Mass). Face à la presse, le collectif est revenu sur les conséquences de cette décision qui risque d’asservir les paysans qui n’ont que la terre pour subvenir aux besoins de leurs familles. «Nous sommes très déçus par ce qui s’est passé à Thiadiaye. Nous assistons à la destruction de dizaines de vergers et d’autres dizaines qui attendent d’être complètement rasés. Nous avions rencontré les autorités municipales pour une médiation. Il était retenu que tous les vergers où on a mis des investissements assez colossaux, l’agent qui devait faire le lotissement devait les épargner. Ne serait-ce que pour permettre à ces braves agriculteurs de cueillir leurs récoltes», a déploré Abdou Diouf, le président du Collectif pour la préservation et la valorisation des terres paysannes/Manko aar sunu souf (Mass).
Selon lui, la mairie n’a pas respecté sa parole. «Ils avaient la latitude d’entrer dans les vergers et de procéder à l’installation des bornes tout en ne détruisant pas les champs, mais aujourd’hui cette décision va avoir des conséquences désastreuses sur la vie de ces paysans», se désole M. Diouf.
L’Association pour la promotion des agriculteurs de Thiadiaye (Apat), qui a beaucoup investi sur ces terres, n’a plus que ses yeux pour pleurer. «Nous constatons avec tristesse la destruction de nos champs. Elle vient de nous crucifier, car nous investissons sur ces terres depuis plus de 20 ans. Nos récoltes nous permettaient de survivre et maintenant, la municipalité a tout détruit. Cette destruction de nos biens va nous affecter énormément», déclare Ousmane Diop, président de l’Apat.
Mais auparavant, avant le lotissement de la zone où se situent les vergers, les paysans avaient eu un accord après une longue concertation avec El Hadji Oumar Youm, le maire de la commune de Thiadiaye, de ne pas procéder à la destruction des haies et des arbres fruitiers. «Malheureusement, rien n’a été épargné lors des lotissements», renseigne M. Diop. «Au moment où l’on reboise, la municipalité est en train de déboiser. Le maire a bousillé des années d’investissements. Ils ont une fois morcelé des parcelles qui, jusqu’à présent, n’ont toujours pas été exploitées. Voilà qu’il refait la même chose, en détruisant des années de vie. Un travail acharné de plus de 20 ans a été gaspillé en une journée», déplore le président de l’Association pour la promotion des agriculteurs de Thiadiaye (Apat), Ousmane Diop. Pour avoir la version de la municipalité, nos tentatives sont restées vaines.
Par Alioune Badara CISS – abciss@lequotidien.sn












