Politique

25 mars 2012 – 25 mars 2021 / Deuxième alternance démocratique : Que retenir des 9 ans du régime de Macky Sall?

L’année 2012 restera comme celle de la deuxième alternance démocratique survenue au Sénégal, et qui a vu la consécration du président Sall à la tête du pays.

9 ans après, il est clair que des changements de tous ordres de sont produits dans le pays. En terme de bilan, il y’a beaucoup de choses à relever tant au plan institutionnel, démocratique, politique qu’économique. Même s’il y a eu un progrès démocratique, un renfoncement de la démocratie lorsque cette deuxième alternance est intervenue, force est de signaler également qu’un certain nombre d’éléments sont à mettre au passif du régime de Macky Sall. Ainsi, la question relative au modèle démocratique ou encore le pouvoir présidentiel, reste une question non résolue si l’on se fie à l’analyste politique, Mamadou Sy Albert. La concentration du pouvoir entre les mains du président Sall, étrangement ressemble à la situation que nous avons vécue avec les anciens présidents Abdoulaye Wade, Abdou Diouf ou même Senghor. Par conséquent, le mode institutionnel pose encore problème car, on n’arrive toujours pas à réaliser la séparation des pouvoirs. L’exécutif demeure l’élément déterminant car, voyant tous les autres pouvoirs être « ses subordonnés ». On assiste à une concentration de tous les pouvoirs. D’ailleurs, cette suppression du poste de Premier ministre est venue corser cette thèse confirmant que la séparation des pouvoirs est toujours problématique. C’est vrai qu’il y’a eu des réformes comme celle constitutionnelle relative au référendum qui a même divisé les sénégalais en deux camps (favorables au référendum et ceux qui sont contre). Donc « il y a un problème démocratique auquel le président Macky Sall se heurte depuis qu’il est au pouvoir », signale notre interlocuteur.
Toujours dans le cadre institutionnel, la justice demeure suspecte, de même que le pouvoir législatif qui est décrié, dénoncé, mais également le pouvoir judiciaire. C’est ce qui explique d’ailleurs que l’opposition n’arrête pas de réclamer la séparation des pouvoirs.

Sur le plan électoral, le parrainage reste également problématique. On aura même vu au cours des discussions du dialogue national, plusieurs participants regretter ce qu’ils considèrent comme une restriction des partis politiques. Le parrainage était l’idée originale du président Macky Sall mais, il peut être considéré comme un facteur loin de consolider la démocratie électorale. Ce qui est encore, un élément de bilan, et qui est regrettable dans la gestion politique de l’Etat.

Un recul démocratique sur le plan des libertés
Interrogeant l’esprit analytique du politologue Mamadou Sy Albert, on se rend compte que sur le plan des libertés, il y’a énormément d’efforts à consentir. « Si on comptabilise le nombre d’acteurs politiques, de la société civile, et même des activistes, le nombre d’emprisonnés sous Macky Sall, dépasse largement celui de son prédécesseur, Abdoulaye Wade » rappelle le politologue. Ainsi, il y’a donc un coté répressif qui est vraiment notable sous le règne de Macky Sall. Sans oublier les privations de libertés individuelles et publiques.
Ce qu’il faudra également rappeler, c’est qu’il y’a une mauvaise gestion des réseaux sociaux sous le régime Sall. Le Sénégal est beaucoup plus connecté au monde. Mais le gouvernement dans cette optique, a une politique répressive. On devrait penser a adopter une approche dynamique car, il faut savoir que les nouveaux médias font partie de la démocratie et c’est pas par la répression qu’on va assainir le milieu des réseaux sociaux. Au contraire, cela crée un climat de défiance entre certains animateurs de ces réseaux sociaux et le pouvoir.

Transparence et bonne gouvernance
En effet, durant ces neuf ans, la transparence et la bonne gouvernance ont été largement discutées tant sur le plan politique qu’économique. On peut se permettre de dire, suivant l’analyse du politologue, que les efforts consentis par le gouvernement pour assainir les finances publiques, ont été annihilés par la corruption. Ainsi, les indices de corruption sont souvent relayés par les organisations de lutte pour la transparence. Même sur le cas des libertés démocratiques, le Sénégal recule. Ce qui fait qu’il y’a un problème réel de gouvernance transparente. Il faut signaler également que même si le président Macky Sall a un gain politique incontestable avec le pétrole qui a été découvert, malheureusement, le sentiment de suspicion généralisé demeure une réalité avec l’implication de sa famille.

L’économie et le système éducatif : deux secteurs aux difficultés multiples
Sur ce plan, le Sénégal a connu une croissance régulière depuis 2012, mais avec la pandémie, le Sénégal a subi un effondrement de l’économie surtout avec le secteur informel et le privé national qui ne s’en sortent toujours pas. Bref, le tableau est un peu sombre sur le plan économique surtout dans ce contexte de crise sanitaire.
Concernant le système éducatif, on assiste toujours à des problèmes notamment avec la qualité de l’éducation qui conduit souvent à produire des chômeurs car, n’ayant pas une formation adéquate pour se doter d’un emploi. Près de 400.000 demandeurs d’emplois chaque année avec un environnement ouvert à l’emploi qui est assez restreint (demande supérieur à l’offre). Quand il y’a une économie qui s’effondre et qu’aussi les bailleurs de fonds n’aident pas le Sénégal qui est dans un système libéralisé et dans lequel il ne peut pas compétir avec les multinationales, il y’a toujours des difficultés de se procurer assez d’emplois pour une population qui s’accroit de plus belle.

Macky Sall, la figure du renforcement des relations avec les autres pays…
Il y’a toutefois des points positifs qu’il ne faudrait pas perdre de vue sur les neuf ans de magistère du président Sall. Il faut rappeler qu’en 2012, Macky Sall incarnait l’espérance à une alternative crédible aussi bien qu’au niveau des acteurs politiques, de la société civile qu’au niveau de l’opinion. Comme nous le rappelle le politologue, « battre Abdoulaye Wade en 2012 comme chef historique de l’opposition au Sénégal est une qualité politique énorme ». Cela montre que le président Macky Sall est un homme d’État. Il a également réussi à se donner une grande coalition capable non seulement de gouverner, mais également de gagner pratiquement toutes les élections. C’est donc des points forts de Macky Sall qui maintient le cap en réussissant aussi à contenir l’opposition sénégalaise dans le sens où, depuis qu’il est à la tête de la magistrature suprême, c’est lui qui a toujours eu l’initiative politique.
Au niveau international, le Sénégal reste avec le président Macky Sall, le pays qui est beaucoup plus proche des pays voisins. Il y’a moins de conflits que sous Abdoulaye Wade avec notamment la Gambie, le Mali et relativement avec la Guinée. On peut clairement dire, de manière générale que le Sénégal a retrouvé son modèle démocratique de pays de dialogue, de panafricaniste sous le règne du président Macky Sall qui renforce ainsi, les relations diplomatiques dans la stabilisation du pays de la Téranga…

AVEC DAKARACTU

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