Accueil Actualités Réflexion – Colloque international de Dakar : Les linguistes africains se donnent...

Réflexion – Colloque international de Dakar : Les linguistes africains se donnent la main

0

Faire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) une plateforme importante de représentation des langues en Afrique : c’est l’un des objectifs de la première édition du Colloque international de linguistique de Dakar (Cildak). Le Centre de linguistique appliquée de Dakar (Clad) du Département de linguistique et des sciences du langage, le Laboratoire de linguistique de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), mais aussi d’autres universitaires du Sénégal et d’Afrique souhaitent aller vers la pérennisation de ce rendez-vous à Dakar.

Par Ousmane SOW – La révolution des langues nationales est-elle en marche au Sénégal ? Assistons-nous à une africanisation de la recherche, que ce soit sur les langues africaines ou sur d’autres types de langues ? En tout cas, il n’est, en effet, pas rare de voir aujourd’hui les linguistes africanistes travailler sur leurs propres langues. Et les chercheurs et enseignants-chercheurs en linguistique de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) s’organisent déjà depuis quelques années pour aller dans ce sens. En poste principalement au Centre de linguistique appliquée de Dakar (Clad), à l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) et à la Faculté des lettres et sciences humaines (Flsh), ils ont fédéré leurs efforts pour organiser l’édition 2023 du Colloque international de linguistique de Dakar (Cildak). Cette rencontre scientifique de niveau mondial de trois jours (du 16 au 18 mars 2023), selon les organisateurs, a pour ambition de réunir à l’Ucad, toutes les recherches sur les langues et disciplines associées afin qu’à l’issue du colloque, des actes présentant l’état des arts dans les différents domaines concernés puissent être dressés. «Nous espérons que ce colloque fera de Dakar une place incontournable dans la présentation des résultats de la recherche en linguistique. Nous espérons également que ce sera pérennisé et que nous aurons ce colloque tous les 3 ans», a déclaré Dr Anna Marie Diagne, linguiste et chercheure à l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan), lors de la cérémonie d’ouverture du colloque mercredi dernier. Présidente du comité d’organisation du Cildak, elle précise que ce colloque vise à rassembler tous les linguistes de l’Ucad et même des autres universités d’Afrique, pour qu’ils puissent travailler ensemble au-delà de leurs clivages et appartenance institutionnelle. Un succès puisque, pour une première tentative, plus d’une centaine de propositions de communication ont été enregistrées. «Ce panel d’aujourd’hui et l’engagement des autorités qui étaient là, nous laissent à penser que nous avons réussi ce que nous voulions, c’est-à-dire faire en sorte que tous les linguistes travaillent ensemble», a-t-elle souligné. Toutefois, elle précise qu’il ne faut pas croire que les linguistes africains ne travaillent que sur les langues africaines. «Ils travaillent aussi sur d’autres langues», note-elle, en rappelant que le dernier grand colloque de Dakar en linguistique date de 2015.

Parlant du thème : «La description des langues en Afrique, entre données et théories», elle informe également que le Cildak propose de porter la réflexion sur l’articulation entre «données» et «théories», dans la mesure où la relation entre ces deux éléments est essentielle à l’analyse linguistique et à la description des langues, notamment en Afrique. «Les trois conférences plénières de ces journées se veulent des interrogations sur nos manières de faire de la linguistique sur le continent, que nous soyons Africains issus de la communauté investiguée ou non, ou que nous soyons non Africains plus ou moins intégrés dans le milieu de recherche», a-t-elle conclu, avant de soutenir que le Cildak n’a pas été pensé comme un colloque de linguistique africaine, mais de linguistique en Afrique.

Article précédentFourniture d’électricité dans l’agriculture : Le Japon dote Mbolo Birane de système solaire 
Article suivantSokhna Aïda Diallo Les notes de «grâces»

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici