Le président de la République a assisté à la cérémonie d’ouverture de la 82ème édition de la retraite spirituelle de 10 jours de la ville de Médina Gounass, dans le département de Vélingara. A l’occasion, Macky Sall a noté que le Daaka est un événement unique en son genre en termes de durée, de privations et de volonté de don de soi à Allah.
Par Abdoulaye KAMARA – La cérémonie d’ouverture de la 82ème édition du Daaka de Médina Gounass, département de Vélingara, semble avoir battu tous les records d’affluence pour un premier jour de retraite, en ces lieux loin des habitations de la cité religieuse. Samedi passé, après la prière du crépuscule au Daaka, le khalife Thierno Ahmadou Tidiane Bâ a ordonné le démarrage des activités de dévotion (lecture du Coran, prières en commun, invocations, prières surérogatoires), en présence du chef de l’Etat Macky Sall. L’espace ouvert qui tient lieu de mosquée, grand comme un terrain de football, a refusé du monde. La présence de Macky Sall y étant pour quelque chose certainement. Avant le coup d’envoi des activités de dévotion, le président de la République a pris la parole, après la présentation par le député Farba Ngom, des membres de la délégation présidentielle, composée d’une demie douzaine de ministres, de techniciens de certains ministères, ainsi que des autorités administratives et politiques de la région de Kolda. Dans son speech, M. Sall s’est réjoui d’avoir pu assister à cette cérémonie d’ouverture pour la première fois en tant que chef d’Etat. «J’ai assisté pour la dernière fois à la cérémonie d’ouverture du Daaka en 2006, en tant que Premier ministre. Mais j’ai toujours nourri l’intention d’être là à chaque démarrage du Daaka.» Il poursuit : «Le Daaka est un événement religieux unique en son genre dans le monde musulman. On ne le trouve ni à Fez ni à la Mecque : un événement religieux qui regroupe autant de monde, des hommes seulement, pour 10 jours, loin des habitations. Une retraite faite d’autant de privations, accompagnée de dévotion profonde, ça ne se trouve qu’au Sénégal. Je prie Dieu de me donner la chance d’assister chaque année à la cérémonie d’ouverture du Daaka. C’est tout bénef’ pour le Sénégal.» Puis Macky Sall de solliciter des prières pour la paix dans le monde. «Le monde est en guerre, nous sommes loin du théâtre des opérations, mais croyez-moi, les conséquences néfastes sont ressenties chez nous. Je prie que Dieu nous préserve des incendies et accidents de toutes sortes pour un bon déroulement du Daaka jusqu’à terme.» Puis il a sollicité des prières pour lui-même et pour le Sénégal.
A la suite du chef de l’Eta, le porte-parole de la famille Bâ, le jeune frère du khalife, Thierno Ibn Oumar Bâ, a magnifié son déplacement : «Votre présence à cette cérémonie d’ouverture est un grand honneur pour le khalife, c’est aussi une marque de respect pour le khalife, pour l’islam, pour la communauté et pour les fidèles.»
Le cours d’histoire du khalife
Le khalife de Médina Gounass ne s’est pas privé de parole au lancement du Daaka de la cité religieuse sise dans le département de Vélingara. Ahmadou Tidiane Bâ, la voix quelque peu éteinte par le poids de l’âge (88 ans), a fait un cours d’histoire de la cité et du Daaka, pour que nul n’en ignore. Il a déclaré, assis à côté du Président Macky Sall : «Ce lieu était une forêt. Dieu a décidé qu’il va accueillir des populations humaines. Il (Dieu) a décidé que ce devait être Thierno (son défunt père) qui devait être à l’origine de sa création.» Il continue ses enseignements : «Lorsque le khalife Thierno Mahamadou Saïd Bâ (son père) est arrivé dans les parages, il a été accueilli par le chef de canton de l’époque, Yéro Diénaba Sabaly, qui, sur demande de Thierno, a autorisé de défricher l’espace que le khalife a indiqué. Cela n’a pas suffi. Thierno s’est rendu auprès de l’autorité administrative de l’époque basée à Vélingara, toujours dans le souci d’être dans la légalité. C’est ainsi qu’il eut l’autorisation et de Yéro Diénaba Sabaly et de l’autorité administrative, avant de demander la construction des habitations.» Il ajoute : «De cette époque à aujourd’hui, que de progrès et d’évolution par la Grâce de Dieu. C’est Lui qui en a voulu ainsi.» Il poursuit : «A l’époque, les populations autochtones n’étaient pas très islamisées. Le khalife consacra une bonne partie de ses activités à enseigner le Coran et surtout à islamiser et à construire des mosquées. Rendons grâce à Allah.» C’était dans les années 1935-1936, selon des talibés interrogés sur place. Il faut rappeler que le chef de l’Etat, en provenance de Tambacounda, a été, samedi après-midi, accueilli par les autorités administratives et religieuses de la région de Kolda, qui l’ont accompagné jusqu’au domicile du khalife à Médina Gounass, avec qui il a eu un entretien. Puis Thierno Amadou Tidiane Ba et son hôte de marque se sont rendus à la Grande mosquée de la cité pour la prière de Takkussan.
Après la prière, Macky Sall et le vénéré homme de Dieu ont fait 10 km de route pour retrouver plusieurs centaines de milliers de pèlerins et de businessmen au Daaka pour son lancement.
akamara@lequotidien.sn











