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ARMEMENT À L’UCAD : LES ÉTUDIANTS INDEXENT LES POLITICIENS

Des personnes entrent et sortent, masques bien en évidence. Un protocole sécuritaire renforcé. Ici, les scooters et les voitures sont fouillés, les taxis eux, ne terminent pas leur course car il ne leur est pas permis de franchir les portes. Carte d’étudiant ou pièce d’identité, c’est ce que ces vigiles placés au niveau des différentes portes répètent à toutes ces personnes désirant entrer. Dans toute cette ambiance, un protocole sanitaire est de rigueur pour ne pas négliger les mesures barrières. Nous sommes à l’Université Cheikh Anta Diop, précisément à l’entrée du campus social.

Des blessés à l’arme blanche notés ces derniers temps au sein de l’université, sont à l’origine de la perquisition faite, le dimanche 21 février 2021 par la sécurité du Coud dans les chambres des pavillons où un important nombre d’armes blanches a été retrouvé. Cela explique tout ce rituel noté à l’entrée du campus social. La détention d’armes blanches par les étudiants n’est pas une nouveauté mais cette perquisition rend la situation encore plus complexe. « Zéro arme blanche au sein du Coud », c’est le slogan lancé par le directeur du Centre des œuvres universitaires de Dakar.

Sadio Ndiaye est le chef de la sécurité du Coud. Trouvé dans son bureau installé non loin de la direction et des pavillons, le sieur Ndiaye arbore une allure fière quant à l’opération menée par ses hommes. Habillé d’une chemise à carreaux de couleurs jaunes et blanches assorti d’un jean, il explique le procédé. « Le directeur du Coud Maguette Sène a décidé de mettre fin aux violences notées à l’université c’est pour cela qu’il m’a donné l’ordre de procéder à une fouille dans chaque chambre afin de récupérer toutes armes qu’on verra. Ça s’est passé le dimanche matin, d’ailleurs, c’est moi qui les ai réveillés. J’étais accompagné de 75 éléments avec lesquels j’ai examiné toutes les chambres. Il y a eu des difficultés parce que les étudiants ne voulaient pas se laisser faire mais nous y sommes arrivés ».

« NOUS NE SOMMES PAS EN SÉCURITÉ À L’UNIVERSITÉ »

Cette situation interpelle plus d’un surtout les étudiants qui ont fustigé ces comportements qu’ils jugent indignes de la part d’intellectuels devant inciter la jeunesse à plus de bon sens et de civisme.

En route pour se trouver de quoi petit-déjeuner, habillée d’un pull noir, Adja Binta, étudiante logeant à l’université est scandalisée par l’attitude de ses camarades. « Cette situation ne nous enchante guère car ce n’est pas bien. Nous nous réveillons un bon jour et on nous fait savoir qu’il y a des blessés. Cela montre que nous ne sommes pas en sécurité au sein de l’université ». Mor Wilane lui, étudiant à la Faseg, indique, « en tant qu’étudiant, nous devons donner le bon exemple et éviter de porter des armes. Nous ne devrions même pas détenir ces armes jusqu’à ce qu’on soit perquisitionné ».

Dans un Lacoste gris accompagné d’une veste en cuir marron assorti à un jean, Salobé Gningue discute avec deux étudiants. Inscrit en licence 3 à la Faseg, syndicaliste aussi, il soutient que cette situation est « déplorable car l’université est réputée être un lieu de savoir, un lieu où on est censé acquérir de la connaissance, donc apprendre au grand public qu’il y a des armes blanches qui y sont stockées, c’est déplorable. Mais, c’est une nouvelle qui ne nous surprend pas car la violence se sent au sein de l’espace universitaire ». D’ailleurs, deux de ses camarades ont refusé de s’exprimer, de peur d’être lacérés ou battus.

LA FAUTE, AUX POLITICIENS

Si cette situation prend autant d’ampleur, c’est de la faute des politiques et syndicalistes. C’est en tout cas l’avis des étudiants rencontrés. Étudiant à la faculté des lettres et sciences juridiques, Thierno Abdoul Aziz Sy affirme ne pas être au courant de la perquisition. Toutefois, il rejette la faute aux étudiants qui font de la politique. « Tout ceci tourne autour de la politique et c’est bien visible. J’en sais beaucoup et j’en connais assez mais, je ne veux pas entrer dans les détails. Il faut qu’on cesse de promouvoir la politique ici parce que c’est un temple du savoir ».

Pour Salobé Gningue, les seuls responsables sont les syndicalistes. « La plupart du temps, ce sont les syndicalistes qui détiennent ces armes blanches. Je suis moi-même syndicaliste mais je n’œuvre pas dans cela. La cause n’est rien d’autre que le manque d’arguments car quand on est syndicaliste, on doit faire usage de la force de l’argument et non l’argument de la force. Mais, quand on est dépourvu de savoir et qu’on veut régner, on a tendance à faire usage de la force et c’est ce qui pousse certains à se servir de ces armes blanches ».

Cet événement a engendré une surveillance très stricte au sein de l’université. Cette sécurité renforcée a permis de retrouver des armes blanches au niveau de certains scooters. Cette situation sera désormais un rituel auquel devront se soumettre tous ceux qui empruntent ces voies menant au campus social.

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