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Avec plus de 50% de surcharge a l’essieu :Le Sénégal perd 60 milliards par an.

Les transporteurs sénégalais ne respectent pas la charge à l’essieu. Actuellement le taux de la surcharge est à plus de 50%, une des causes de la destruction des routes. L’Etat débloque chaque année 60 milliards pour réhabiliter les routes. Les acteurs sont revenus sur les conséquences de cette charge hier, mardi 16 novembre 2021, lors d’un atelier.

Les gros porteurs sénégalais ne se conforment pas aux règles de la charge à l’essieu qui est la charge maximale qui peut être admise sur chaque essieu du véhicule, en fonction des caractéristiques de l’infrastructure de transport. Selon des chiffres, d’Afrique Pesage, publiés hier, mardi 16 novembre 2021, lors d’un atelier de vulgarisation et de sensibilisation sur l’état de mise en œuvre du Règlement 14 de l’Uemoa, le taux de la surcharge à l’essieu est, en cette fin d’année 2021, à 52%. Ce taux n’est que le résultat d’une hausse amorcée, depuis un certain temps, si l’on se fie aux données révélées par le chef de mission assistance technique du Programme d’appui à la gouvernance du secteur des transports terrestres (Pagotrans), Roberto Durero.

Selon lui, «le taux de véhicules en surcharge au Poids total autorisé en charge (Ptac) est passé de 15% en 2014 à 1,1% en 2020 et 1,4% dans les premiers 6 mois de 2021. Alors que le taux de véhicules en surcharge aux essieux a baissé de 48% à 34% entre 2014 et 2020. Il a augmenté dans les deux dernières années et a atteint 50,6% dans les premiers 6 mois de 2021».

Ce résultat émane, à son avis, de la politique de l’Etat de restreindre les sanctions au Ptac. «Donc, la limitation des amendes à la surcharge au Ptac, à partir de 2018, a engendré une réduction des véhicules en surcharge au Ptac mais n’a pas conduit à la réduction du nombre total des véhicules en surcharge aux essieux», a affirmé Durero.

Ce qui est ressorti de l’analyse de Roberto, c’est la constance de la baisse de la surcharge au Ptac. «Pour la surcharge au Ptac, une tendance baissière est constatée, qui passe de 700.600 tonnes en 2014 à 90. 200 tonnes en 2020 ; soit de 4,3% à 0,2%. Sauf en 2018 où elle a cru de 396.000 tonnes à 475.000 tonnes ; soit de 1,21% à 1,35%. Dans la même période, le poids moyen des camions est passé de 47 à 42,3 tonnes dont le poids transporté diminue proportionnellement».

Elle domine celle à l’essieu. «Pour la charge à l’essieu, il y a une réduction entre 2014 et 2018 où le volume passe de 1,45 à 0,744 millions de tonnes et le taux de 6,4% à 2,2%. Au cours des trois dernières années, cet indicateur présente une tendance oscillatoire : 2,53% en 2019, 1,91% en 2020 et 2,34% au cours des 9 premiers mois de 2021.»

60 MILLIARDS INJECTES DANS LA REHABILITATION DES ROUTES, PAR AN

La charge au Ptac s’est réduite de 20 fois, alors que celle à l’essieu ne l’est qu’à 3 fois. «Il y a une forte réduction du volume de surcharge au Ptac, passant de 4,3% à 0,2% et une réduction du volume de la surcharge aux essieux passant de 6,4% à 1,9% en 2020 et 2,3% dans les premiers 6 mois de 2021», a conclu Durero.

Toutes ces données montrent, selon lui, «que l’application du Règlement 14 de l’Uemoa sanctionnant seulement la surcharge au Ptac, n’a pas eu d’effets dissuasifs sur la tendance des transporteurs à surcharger les essieux, même avec des volumes plus faibles comme le suggère la réduction du taux de surcharge. Or, la surcharge à l’essieu est à l’origine de la dégradation prématurée des routes».

Pour le secrétaire général du ministère des Infrastructures, des Transports terrestres et du Désenclavement, Aubain Jules Sagna, il est important de prendre à bras-le-corps ce problème de la surcharge à l’essieu qui est à l’origine de la dégradation des infrastructures et de l’insécurité routière. Il indique, dans ce sens, que chaque année, l’Etat débloque, pour l’entretien des routes, 60 milliards de F Cfa ; la destruction étant causée principalement par un défaut de contrôle du gabarit des gros porteurs, du poids total et la charge à l’essieu.

Le directeur des Routes, Amadou Alassane Camara, a lui aussi insisté sur la nécessité de renforcer le contrôle sur les charges, malgré «les mesures très tolérantes» prises par les autorités étatiques avec des amendes réduites à moins de 50% du barème fixé par l’Uemoa. Il est annoncé la mise en place d’un nouvel agenda, à partir de la fin de cette année ou en début 2022, afin de mieux harmoniser la mise en œuvre du contrôle de la charge des gros porteurs, conformément aux recommandations de l’Uemoa.

Fatou NDIAYE

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