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[Covid-19] Gestes barrières: l’école a baissé la garde

Rendu obligatoire dans tous les lieux publics depuis l’apparition de la Covid-19 au Sénégal, le 7 mars 2020, le masque est tombé dans beaucoup de lieux publics, y compris l’école. Dans les établissements scolaires, le relâchement a pris le dessus sur le respect des gestes barrières édictées lors de la rentrée scolaire. Et pourtant, le virus rode toujours aux alentours, malgré la baisse des cas notée ces dernières semaines.

Au lycée Seydou Nourou Tall de Dakar, le portail est assiégé en cette matinée du mercredi 17 novembre. Les potaches s’empressent de regagner leurs salles de classes, à quelques minutes de l’heure du démarrage des enseignants-apprentissages. Le vigile, engoncé dans une tunique bleue, veille aux mouvements. À l’intérieure du lycée, certains élèves se sont massés devant la cantine pour faire des achats. Les minutes sont comptées. Bientôt la cloche va retentir. Stylo, café, bonbon…le vendeur essaie de servir chacun. Si certains ont le masque bien vissé au visage, d’autres n’en portent pas. Adja Fatou, élève en classe de troisième, visiblement très décontractée dans ses baskets d’une célèbre marque de chaussure, se justifie : « le masque, c’est parfois encombrant (rires…). ». Même son de cloche chez sa camarade, apparemment occupée par son téléphone portable. « Je porte le masque en classe, mais une fois dehors, je me hâte de m’en débarrasser. Je le supporte mal », avance-t-elle sans lever le visage. Un peu plus loin, dans l’enceinte de la cour, le Proviseur du lycée et le Censeur sont en pleine discussion. L’élève qui nous sert de guide pour retrouver le bureau du chef d’établissement, disparait assez vite pour ne pas subir les reproches du Proviseur. Le bonhomme ne porte pas de masque. « En début d’année, le dispositif était beaucoup plus corsé », relève le patron des lieux. Courtois et ouvert, il s’empresse d’expliquer les raisons de ce relâchement. Il note seulement que depuis un certain temps, ils ont noté un certain « relâchement » chez les élèves.

Dans les salles de classe de cet établissement du moyen secondaire, certains élèves ne portent plus de masque. « Il est difficile de le faire porter aux élèves en classe », regrette Arona Diouf, Professeur de Sciences de la vie et de la terre (Svt). Si certains en portent encore, d’autres, comme beaucoup de Sénégalais, ne respectent plus la mesure. Et pourtant, lors de la rentrée des classes en octobre dernier, il a été indiqué que le port du masque, tout comme le lavage des mains, est obligatoire à l’école. « Cependant, nous ne manquons pas de rappeler les récalcitrants à l’ordre », a indiqué le Professeur Diouf. Le port du masque peut, parfois, être incommode pour certains enfants surtout en cette période de chaleur, souligne M. Diouf.

Pendant ce temps, certains pays commencent à connaître une recrudescence des cas de Covid. Le relâchement est très visible aujourd’hui dans les écoles. Au lycée des Parcelles assainies (Lpa), dans la banlieue dakaroise, le masque est tombé. « Nous avons noté une certaine fatigue chez les élèves et le personnel enseignant. Face à la pléthore des effectifs et la chaleur, il est difficile d’imposer les mesures barrières, surtout le port du masque », affirme Mme Diakhaté, Censeur du lycée. Emmitouflée dans une robe en wax, le regard jovial, la dame précise qu’ils n’ont « jamais détecter un cas de Covid, depuis le début ». C’est pourquoi, précis-t-elle, « l’espoir est permis, malgré le relâchement ». Trouvé en classe, Aliou Faye, élève en seconde, très charmant dans son boubou traditionnel, ne porte plus de masque à l’école. Il lance sans hésiter, « la Covid est derrière nous ».

Le privé encore prudent

Aux Cours privés catholiques Anne Marie Javouhey, sise à l’avenue Cheikh Anta Diop, le décor est tout autre. Dans la cour de l’école, les élèves sont généralement « masqués ». Les vigiles assis à l’entrée « y veillent scrupuleusement ». Même les visiteurs doivent montrer patte blanche pour être admis à l’intérieur : masque, carte professionnel, motif de la visite etc. Face à notre insistance, la Directrice, Mme Cissé, nous reçoit malgré « un programme chargé ». Elle s’empresse de souligner : « là, vous m’avez trouvée sans masque mais ici les mesures barrières sont respectées à la lettre », fait-elle remarquer. « Tous les élèves portent des masques », souligne Mme Cissé. En décrétant le port du masque obligatoire dans les établissements scolaires notamment à l’élémentaire et au moyen-secondaire, le préscolaire n’était pas concerné. Dans cet établissement, les diablotins du préscolaire ont l’air de s’y plaire. Gambadant et sifflant dans la cour, ils faussent la note de la rigueur du respect des mesures barrières.

À Bon Berger des Maristes, une école élémentaire privée, le port de masque est encore respecté à la lettre. Elèves et personnel enseignant ont toujours ce bout de tissu au visage. Ici, même les parents d’élèves qui viennent chercher leurs enfants à la descente sont tenus de respecter la mesure pour franchir le seuil de l’établissement, a déclaré M. Malou, le préposé à la porte.

Abdourahmane SY (Stagiaire) lesoelil.sn

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