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Déforestation et accaparement des terres : Sale colère à Saly

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Le Collectif pour la sauvegarde et la défense des intérêts de Saly a manifesté, hier dans la matinée, son mécontentement contre l’accaparement de leurs terres. Selon ce collectif, sur les 577 ha qui constituaient le poumon vert de Saly, il n’en reste que 9. Pour montrer leur courroux, les manifestants ont bloqué l’entrée de Saly avec des parpaings et des troncs d’arbres, mais également ils ont brûlé des pneus rendant du coup la circulation difficile.

Par Alioune Badara CISS – La colère gronde sur la cité balnéaire : parpaings sur la chaussée, pneus brûlés et cris des manifestants. C’est le décor à Saly Portudal, sous la pression foncière des promoteurs immobiliers et des particuliers fortunés. Hier, les populations de la commune de Saly, regroupées au sein du collectif pour la sauvegarde et la défense des intérêts de Saly, veulent préserver ce qui reste de la forêt de leur ville. Cet espace vert, jadis estimé à 577 ha, est en train de se rétrécir comme peau de chagrin du fait de parcelles attribuées à des tiers. Pour mettre fin à cette pratique, ce collectif a donné le ton hier à certains attributaires, qui ont déjà commencé à construire des fondations pour leurs parcelles. Il a tenu une manifestation, hier dans la matinée, où il a bloqué la circulation avec des pierres, des troncs d’arbres, mais également avec des pneus qu’il a brûlés. Seydou Abdoul Diop, porte-parole du Collectif pour la sauvegarde et la défense des intérêts de Saly, explique les raisons de leur colère : «Nous manifestons aujourd’hui (hier), parce qu’il y a des personnes et des  institutions avec des desseins inavoués qui sont en train de vandaliser nos terres. Donc comme vous pouvez le constater, il y a un crime environnemental et un crime foncier qui sont en train de se faire ici à Saly. La paix a trop perduré, nous sommes restés passifs trop longtemps, et aujourd’hui (hier), toute la population de Saly a dit non, niet, c’est fini ! Nous ne laisserons personne, je dis bien personne, s’accaparer de nos terres, voler nos ressources, les piller et aller dormir tranquillement chez eux. Ça c’est fini !»

La zone concernée se situe à l’entrée de Saly. C’est la forêt qui fait face à la banque. C’est une bande de terre qui a été gérée par la Sapco.

Toutefois, le porte-parole a précisé que cette société a été dessaisie depuis 2012 par l’Etat du Sénégal par arrêté pris par le ministre de l’Economie et des finances. «En son temps, c’était l’actuel Premier ministre, Amadou Ba, qui était aux Impôts et domaines, qui était chargé du suivi de cet arrêté,  et la Société d’aménagement de la Petite-Côte, dans ses prérogatives, doit aménager et promouvoir le tourisme. Donc, nous détenons par devers nous des documents qui prouvent à suffisance les détournements de terres qui s’opèrent ici à Saly. Comment pouvez-vous comprendre une personne qui déclare vouloir ouvrir un réceptif hôtelier ou un restaurant ou une activité connexe pour la promotion du tourisme et qui vienne morceler ces terres-là pour l’utiliser pour des habitations, c’est incompréhensible», s’interroge le porte-parole du Collectif pour la sauvegarde et la défense des intérêts de Saly.

Selon lui, ces parcelles ont été attribuées à des autorités, des hommes d’affaires et des sociétés. «Ce sont des gens qui se disent autorités qui sont  en train de faire ça, et nous détenons la liste exhaustive de ces attributaires et le moment venu nous le dirons. Nous avons aussi le nom des sociétés et propriétaires de société et ils se connaissent, et lorsqu’ils verront toute la jeunesse de Saly debout, leur fibre patriotique en appellera à leur raison pour qu’ils arrêtent immédiatement les constructions et les travaux et la coupe d’arbres sur ce terrain-là», déclare M. Diop.

Actuellement, cette bande verte a été morcelée dans les grandes largeurs. Et il n’en reste que 9 hectares convoités par d’autres promoteurs. «Au début, il y avait 577 hectares vandalisés par tous les directeurs de la Sapco qui sont passés par là. Et je rappelle que toutes les institutions qui sont de près ou de loin liées à cette affaire ne seront pas épargnées. Nous irons plus loin que la Justice, d’abord, la justice populaire, ensuite, nous allons porter plainte. Donc aujourd’hui, nous n’allons pas accepter que des gens qui sont à Dakar ou dans d’autres régions dorment tranquillement alors qu’ils sont en train de confisquer l’avenir même des fils de Saly. Nous tenons responsable principalement la Sapco, mais les autorisations de construire ont été signées par la mairie de Saly», renseigne Seydou Abdoul Diop.
abciss@lequotidien.sn

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