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Festival Image et Vie : Au rythme du cinéma – Lequotidien

La 22e édition du Festival de cinéma Image et Vie a sacré Ramata Toulaye Sy et Thierno Seydou Nourou Sy pour respectivement «Astel» et «Musique sama werouway». Lancé depuis mercredi dernier, le festival s’est déroulé dans une ambiance populaire propre au cinéma de plein air. Le documentaire de Sara Nacer, «La rockeuse du désert», qui dresse le portrait de Hasna el Bacharia, l’emblématique doyenne des femmes gnawa en Algérie, a été projeté en ouverture.

Par Ousmane SOW – La 22e édition du Festival de cinéma Image et Vie s’est achevée ce samedi avec le sacre de Ramata Toulaye Sy et Thierno Seydou Nourou Sy pour respectivement Astel et Musique sama werouway. Le Prix des films des écoles a été remporté par Yakhara de Oumou Kalsoum Diop, tandis que le Pr Maguèye Kassé a reçu le Prix spécial Image et Vie. La cérémonie de clôture du festival s’est déroulée à la Résidence de la Wallonie-Bruxelles. Il y a quelques jours, mercredi dernier, c’était au tour de la Maison de la culture Douta Seck d’accueillir la cérémonie d’ouverture du festival. Cette année, le festival a présenté une sélection de 27 films en provenance de 10 pays dont 24 en compétition officielle. L’édition de cette année était placée sous le thème : «Conscience et engagement», a informé la directrice du festival, Ramatoulaye Bodian, lors de la cérémonie d’ouverture. Selon elle, l’innovation de cette année est la création d’un jury des jeunes étudiants pour apprécier les films des écoles de cinéma et audiovisuelles qui sont en compétition. Elle précise que ce Festival Image et Vie continue à donner vie, à s’imposer et tracer sa voie en montrant un cinéma proche des populations et surtout un cinéma qui donne les bases et outils à la relève.

Pendant cinq jours, les cinéphiles ont pu regarder des films et au-delà des projections, des moments de rencontre et d’échange entre professionnels et surtout la jeune génération, à travers le Ciné Touti Tank, avec des projections de proximité en plein air, informe Ramatoulaye Bodian. Parmi les films qui seront projetés, figurent La danse des béquilles de Yoro Lidel Niang, Quand je serais grand de Mandir Ndoye Thiaw, Patient 115 de Jules François Preirra, L’homme vierge de Dame Guèye, etc. La rockeuse du désert de Sara Nacer a d’ailleurs marqué les esprits durant cette soirée d’ouverture. En effet, Sara Nacer, la cinéaste algéro-canadienne, dresse le portrait de Hasna el Bacharia, l’emblématique doyenne des femmes gnawa en Algérie. Le film La rockeuse du désert, documentaire de 75 minutes, a été primé au Festival Vues d’Afrique, édition 2022. Le documentaire aborde des sujets comme le patriarcat, la résilience ou encore le féminisme. Le féminisme, l’un des thèmes centraux du documentaire, met l’accent sur la difficulté d’être une artiste dans des sociétés rétrogrades et conservatrices. Dans ce film, Hasna ouvre le bal et montre la voie pour de nombreuses femmes. «Mon père m’interdisait de toucher son gumbri, il m’était totalement interdit de m’en approcher. J’en ai donc fabriqué un, toute seule, avec tous ses éléments. Mon père était à l’étage. Il ne pouvait pas m’entendre. J’avais peur qu’il m’attrape et me tue», révèle Hasna el Bacharia devant la caméra de Sara Nacer.

Un film intéressant et humain
Maniant avec virtuosité aussi bien le gumbri que la guitare électrique, Hasna animait les fêtes de mariage dans son oasis natale. Le documentaire énonce plus de vingt ans d’archives de l’artiste, de son enfance à son installation en France. La rockeuse du désert est ainsi un film fondamentalement positif. «Un film aussi intéressant et humain qui ramène a des réalités qu’on semble oublier souvent, notamment la femme doit se battre pour s’affirmer dans nos sociétés», témoigne pour sa part, le professeur Maguèye Kassé, qui ajoute que la femme a la capacité d’émouvoir par la beauté et le talent.

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