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Fonds covid-19 Irrégularités notées par la Cour des Comptes : Le virus dans la gestion – Lequotidien

La suppression de tout contrôle administratif et du visa préalable a favorisé la survenance de plusieurs irrégularités dans l’exécution des dépenses éligibles aux ressources du Fonds de riposte et de solidarité contre les effets du Covid-19 (Force Covid-19). Dans son rapport d’audit du Fonds, la Cour des comptes relève entre autres, un cumul dans le paiement des primes, une surfacturation dans l’acquisition de certains produits, notamment le riz, sélection de fournisseurs d’équipement sans expérience avérée dans le domaine…
Dans le paiement des primes aux membres du Comité national de gestion de l’épidémie (Cnge), plus de 313 millions ont été indument payés, une surfacturation de plus de 2 milliards de francs Cfa a été également décelée dans l’achat du riz destiné aux ménages…

Par Dialigué FAYE- La Cour des comptes demande au Garde des sceaux, ministre de la Justice, de faire procéder, à l’encontre de Aliou Sow, directeur de l’Administration générale et de l’équipement (Dage) sortant du Ministère du développement communautaire (Mdcest), de l’équité sociale et territoriale, à l’ouverture d’une information judiciaire sur la surfacturation sur le prix du riz pour un montant de 2 milliards 749 millions 927 mille 498 francs Cfa. Après avoir passé au peigne fin les dépenses relatives à l’acquisition du riz dans le cadre de la lutte contre le Covid-19, les vérificateurs de l’institution supérieure de contrôle ont constaté que les prix d’acquisition sont supérieurs à ceux fixés par l’arrêté du ministère du Commerce et des Petites et moyennes entreprises (Pme) fixant le prix de la tonne chez le grossiste.

«Concernant les acquisitions de riz, l’arrêté n°007111 fixe le prix de la tonne chez le grossiste à 245 000 francs ; les frais de manutention sont fixés à 5001 F Cfa la tonne par le ministère du Commerce, soit un prix global de 250 001 francs Cfa. Or, il a été fixé par le Mdcest à 275 000 francs la tonne, soit un manque à gagner de 24 999 francs par tonne», note la Cour.

S’agissant des surfacturations constatées, M. Aliou Sow, Dage du Mdcest sortant, indique que «(…) Les prix sont fixés par les vendeurs ayant répondu à l’avis de commande.

(…). Toutefois, le ministre du Développement communautaire et de l’équité sociale et territoriale avait remis au président de la commission des marchés un tableau produit par le ministre chargé du Commerce qui retraçait les prix des denrées pour que la commission l’utilise comme document de travail».

La Cour relève qu’une note du ministre en charge du Commerce, indiquant des prix de référence pour l’acquisition de denrées alimentaires, ne peut remplacer l’arrêté précité qui était encore en vigueur. Par conséquent, le surplus facturé de 2 milliards 749 millions 927 mille 498 francs Cfa au titre de la commande de riz brisé non parfumé est établi.

Dépenses sans aucun lien avec le Covid
La Cour des comptes dans son audit, a également signalé des dépenses qui n’ont aucun lien avec la pandémie. Lesquelles sont évaluées à environ 20 milliards de francs Cfa.

Cela, souligne les collaborateurs de Mamadou Faye, président de la Cour des comptes, «est révélateur d’une absence de rationalisation des dépenses. Cette situation découle des insuffisances notées dans le pilotage stratégique de la lutte contre la pandémie, particulièrement de l’inexistence d’un cadre de dialogue de gestion efficace entre le ministère des Finances et du budget et les ministères dépensiers qui ne se sont pas dotés de plans de résilience sectoriels pertinents pour une gestion efficiente des ressources dédiées à la riposte».
dialigue@lequotidien.sn

 

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