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Gala des prix spéciaux : Pluies de récompenses sur Amina Mamani Abdoulaye

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A la veille de la clôture du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), le Gala des prix spéciaux a donné la part belle au film «L’envoyée de Dieu», de la nigérienne Amina Mamani Abdoulaye. Avec 4 prix, elle surplombe l’évènement.

Une petite fille est enlevée sur un marché par des djihadistes. Quand elle est ramenée dans le même lieu, elle n’est plus toute seule. Sous l’ample voile islamique qui la recouvre, une ceinture d’explosifs censée causer le plus de morts possible et contribuer à maintenir le joug de la terreur. Pendant les dix minutes qui lui restent à vivre, la petite Fatima est confrontée à ses souvenirs, les moments de complicité et de joie partagés avec sa mère. C’est ce film, de la réalisatrice nigérienne Amina Mamani Abdoulaye qui est la grande gagnante de la cérémonie des prix spéciaux du Fespaco, qui précède le clap de fin de l’édition 2023. Au total, L’envoyée de Dieu remporte 4 prix, soit 14 millions de francs Cfa.
Il s’agit des prix de la Loterie nationale burkinabè (Lonab), du Court métrage de l’Uemoa, de la Fondation Gambere Ernest et le Prix de la Conférence épiscopale Burkina Niger. «J’écoute beaucoup d’informations à la télé et à la radio. Surtout depuis que Boko Haram s’est installé au Niger. A chaque fois, j’entendais qu’ils avaient attaqué un village et enlevé des femmes et des enfants, et que ces enfants étaient par la suite utilisés comme des bombes humaines. Et moi, je me posais toujours la question pourquoi ils envoient les enfants des autres. Ils protègent leurs enfants et tuent les enfants des autres. Et la deuxième question, c’est au nom de quel Dieu agissent-ils ? Pourquoi un individu va décider de qui doit aller au Paradis ou en Enfer alors que Dieu existe, que l’on soit bouddhiste, animiste etc. ? Dieu n’a pas dit de tuer son semblable», dénonce la réalisatrice. Au moment où le chef des djihadistes annonce à la petite fille qu’elle avait été choisie pour accomplir une mission divine, celle-ci réplique : «Pourquoi Dieu n’a pas choisi ta fille ?» Convoyée en moto vers le lieu où devait s’accomplir la mission, la petite fille se remémore les instants de bonheur partagés avec sa mère. Elle se lance à sa recherche en reconnaissant le lieu même où elle avait été capturée. L’envoyée de Dieu de Amina Mamani Abdoulaye est une plongée dans l’esprit et l’âme d’une victime. Une victime de la terreur, comme il en existe des centaines dans le Sahel. Ces bombes humaines sont en effet devenues la hantise des populations dans ces régions où souffle le vent du djihadisme.

Produit à la fois au Niger, au Burkina Faso et au Rwanda, le film sonne comme une révolte. Et dans le film, le parti-pris est manifeste et le désir de dénoncer est visible. Mais pour la réalisatrice, c’est surtout un message de paix que véhicule ce film qui montre une petite fille retenue dans un camp avec des gens armés, ayant vécu toutes les atrocités que les djihadistes font subir aux femmes, mais qui finit par faire le choix de protéger sa mère et tout le monde dans le marché. «Pour moi, il y a toujours une possibilité. Je sais que c’est dur et compliqué quand on est endoctriné, mais il y a toujours un choix à faire, et c’est ce que je voulais montrer.»

«Xalé» remporte le Prix de l’Uemoa

En attendant la grande cérémonie de clôture aujourd’hui, quand sera dévoilé le palmarès de la 28ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, les prix spéciaux donnent les premiers frissons.
Et Xalé, les blessures de l’enfance de Moussa Sène Absa figure sur le podium, en remportant le Prix spécial de l’Uemoa pour les longs métrages de fiction, mais aussi le Prix de la Meilleure jeune comédienne, attribué à l’actrice principale, Nguissaly Barry.

Oumar Ba et Ramata Sy sur le podium du Yennenga Post-Prod

La matinée a bien démarré hier pour le Sénégal, avec la cérémonie de remise des prix du Yennenga Post-Prod. En effet, ce sont deux projets sénégalais qui se sont invités sur le podium. Goufde de Oumar Ba obtient le Prix de l’Union européenne, doté d’une enveloppe de 8000 euros, tandis que Banel et Adama de Ramata Sy obtient le 2e Prix Red Sea, d’une enveloppe de 5000 euros. Goufde est un long métrage documentaire qui aborde la question du mariage chez les Halpulaars. «Ce prix va me permettre de terminer mon film et d’aller vers la post-production. Le film parle d’une pratique du mariage traditionnel chez les halpoulars et qui se fait par kidnapping», explique M. Ba. Le film, qui fait bouger les choses dans une communauté rurale du Nord du Sénégal, a démarré à Saint-Louis en 2017. Goufde est aujourd’hui sur la derrière ligne droite de sa production grâce à ce prix. A noter que les deux projets sénégalais primés sont produits par Souleymane Kébé, qui est aussi coproducteur de Sira de Apolline Traoré.

 

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