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Niger : les autorités « déchues » résistent, le patron de l’armée rejoint les putschistes

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Des militaires ont affirmé, mercredi soir, avoir pris le pouvoir au terme d’un mouvement d’humeur mené par des éléments de la garde présidentielle.

Mohamed Bazoum a-t-il réellement perdu le pouvoir ? Quelques heures après la déclaration d’un groupe de militaires à la télévision nationale, annonçant sa destitution, le camp du président élu en février 2021 ne semble pas avoir abdiqué. « Les acquis obtenus de haute lutte seront sauvegardés. Tous les Nigériens épris de démocratie et de liberté y veilleront », a soutenu le compte Twitter du successeur de Mahamadou Issoufou.

Sur le même réseau social, Hassoumi Massoudou, le ministre des Affaires étrangères, considère le « coup de force en cours au Niger (…) comme un acte d’officiers factieux », visant à « remettre en cause nos libertés chèrement acquises, notre démocratie et les progrès accomplis ».

Dans un deuxième tweet, le chef de la Diplomatie nigérienne dans le gouvernement « déchu » par des militaires quelques heures plus tôt, considère que « cette aventure aux objectifs funestes échouera car elle se heurtera à la levée de boucliers partout au Niger des forces démocratiques et de progrès ». Plus loin, il se proclame « chef du gouvernement par intérim », appelant « tous les démocrates » à « mettre en échec cette aventure porteuse de tous les périls pour notre pays ».

Mais cette résistance des « autorités déchues » n’emporte pas l’adhésion de toute la population. Seulement une partie des Nigériens a tenté de manifester son soutien à Bazoum mercredi, mais a été dispersée par des coups de sommation. Le lendemain, d’autres citoyens ont pris partie pour les putschistes en se rassemblant devant l’Assemblée nationale. Les résistants doivent aussi faire face à la décision de l’Etat-major des armées (EMA). Dans un communiqué publié jeudi matin, l’EMA a décidé de « souscrire à la déclaration des forces de défense et de sécurité ». Le commandement militaire des forces armées nigériennes, composé du chef d’Etat-major des armées et des chefs d’Etat-major d’armée (air, terre), motive sa position par le « souci de préserver l’intégrité physique » du président Bazoum et de sa famille.

Le patron de l’armée, le général Abdou Sidikou Issa, nommé en avril dernier par le président Bazoum en remplacement du général Salifou Mody, ajoute qu’il « veut éviter une confrontation meurtrière entre les différentes forces (…) et préserver la cohésion au sein des Forces de défense et de sécurité » dont la garde présidentielle et son chef, le général Omar Tchiani, considéré comme le meneur du coup de force. Le général Tchiani n’a pas été aperçu parmi le groupe de militaires qui a déclaré à la télévision nationale s’être emparé du pouvoir du président Bazoum à l’opposé de son adjoint, le colonel-major Adamou Ibro.

Invitant l’« ensemble des FDS à rester concentré sur leurs missions et à conserver leur combativité connue pour la lutte contre le terrorisme et le crime organisé », l’EMA met en garde contre « toute intervention extérieure, de quelle que provenance que ce soit », ajoutant qu’elle « risquerait d’avoir des conséquences désastreuses et incontrôlables pour nos populations et le chaos pour notre pays ».

Dans ce sens, jeudi matin, le Conseil national pour la sauvegarde de la Patrie (CNSP), le groupe qui a affirmé avoir pris le contrôle du pouvoir à Niamey, a appelé le « partenaire français » au respect des dispositions du communiqué numéro 3, relatives à la fermeture des frontières aériennes et terrestres, après avoir constaté l’atterrissage d’un avion militaire de type A 400M à l’aéroport de Niamey, à six heures du matin.

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