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PARIIS – Commercialisation de la production des périmètres maraîchers

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Les femmes bénéficiaires des périmètres maraîchers du Projet d’appui régional à l’initiative pour l’irrigation au Sahel (Pariis) commencent, après un peu plus d’un an de mise en valeur, à faire des récoltes satisfaisantes. Mais dans certains périmètres, les productrices butent sur le problème de la commercialisation. C’est le cas du groupement féminin de Nemah Ba, dans la commune de Toubacouta.

Par Dialigué FAYE – Dans les périmètres maraîchers féminins de Nemah Ba (3,5 ha) et Dassilamé Sérère (4 ha), dans la commune de Toubacouta, les femmes bénéficiaires de ces réalisations ne passent plus la nuit ou ne se réveillent plus à 2 heures du matin pour aller puiser de l’eau. Avec l’intervention du Projet d’appui régional à l’initiative pour l’irrigation au Sahel (Pariis), ces périmètres maraîchers ont connu une évolution considérable avec des infrastructures/équipements modernisés, constitués notamment de mini-forages munis de pompes immergées et alimentées par une source d’énergie solaire permettant une irrigation sous pression au goutte à goutte ou à l’aspersion de parcelles viabilisées à la herse mécanique et sécurisées par des clôtures en grillage.
Grâce à ces aménagements, les bénéficiaires ont aujourd’hui retrouvé le sourire avec une amélioration de leurs revenus due à un accroissement et une diversification de la production.

Tout de même à Nemah Ba, les femmes considèrent qu’avec un accompagnement dans la commercialisation, elles devraient mieux profiter de leurs récoltes.

Grâce au Pariis, explique la présidente du Gie de Nemah Ba, «nous avons doublé, voire triplé nos productions. De 150 tonnes d’oignon, on est passées à 231 tonnes d’oignon l’année dernière. Ainsi, nos revenus ont augmenté. Ce qui a positivement impacté nos conditions de vie.

Toutefois, nous notons des difficultés dans la commercialisation de nos produits horticoles. Tout au début de la campagne, on vendait le sac à 12 mille francs. Mais lorsque tout le monde a récolté, les prix ont chuté jusqu’à 6 mille francs Cfa le sac. Nous n’avons pas aussi de magasins de stockage. Nous gardons notre oignon dans un coin de la maison ou sous nos lits».

Selon Mme Gnima, ce problème se pose avec la tomate. «Faute d’acheteurs dans les marchés hebdomadaires et de machines pour la transformation, nous sommes obligées de brader nos productions en vendant la bassine de tomate fraîche à 1000 francs ou 1250 francs Cfa», déplore-t-elle.

A Dassilamé Sérère, la coopérative des producteurs maraîchers est également dans une phase d’augmentation de sa production. Le président Mamadou Bakhoum explique : «On a pu multiplier par x la productivité. Rien que l’année dernière, le chiffre d’affaires du périmètre tournait autour de 22 millions de francs Cfa, avec 58 tonnes de pomme de terre et 63 tonnes d’oignon produites dans la zone. Ça veut dire que nous sommes sur la voie de trouver une solution à ce déficit chronique que nous connaissons dans les régions (Fatick et Kaolack), qui tourne autour de 300, voire 500 tonnes par an. Ce qui fait que les deux régions importent des légumes. Ce qui n’est pas normal, en ayant un potentiel aussi important.»

A l’instar de Nemah Ba, les femmes de Dassilamé Sérère produisent de la pomme de terre, de l’oignon, du piment, des aubergines. Des spéculations qui vont directement dans le bol sénégalais. Ces périmètres contribuent à l’approvisionnement du marché local en légumes. Et pour écouler leurs récoltes, M. Bakhoum est ses collaborateurs ont mis en place un plan d’actions. «Nous avons fonctionné sur une planification qui est fondée sur une étude de marché, pour voir un peu l’état de la consommation, la demande, l’évolution des prix, les moyennes mensuelles de prix… Sur cette base-là, on a compris que notre marché, à l’instar de ce qui se passe dans le pays, fonctionne en dent de scie. Cela veut dire que le prix de l’oignon peut quitter 600 francs à 75 francs Cfa le kg. Cette différente est importante. On a travaillé sur cette base-là pour pouvoir asseoir une fiche technique qui nous permet, quel que soit le prix du marché, d’être rentables. L’année dernière, on a produit plus de 50 tonnes de pomme de terre et leur coût de production au lg revenait à 82 francs Cfa. Donc, quel que soit le prix, nous pouvions nous en sortir. C’est cette option que nous avons prise, en tenant compte du marché, de l’état des filières. Car en dehors de l’arachide, en réalité, il n’y a de filière qui est organisée. Tout fonctionne sur la base du rapport de l’offre et de la demande. Ce qui explique qu’il y a beaucoup de pertes, parce que les gens font la même chose. Et sur le marché, on a l’impression qu’il y a une surproduction, alors que tel n’est pas le cas. On est déficitaire en permanence. C’est cette question qu’on cherche à régler dans un système de planification qui tient compte de ces paramètres et pour que les femmes puissent se retrouver dans ce qu’elles sont en train de faire», renseigne l’ingénieur agronome à la retraite qui encadre les femmes.

Ce qui n’est pas évident à Nemah Ba ou dans d’autres périmètres. Mais à Dassilamé Sérère, les choses marchent tellement bien que les femmes sont toujours collées à leurs parcelles.

Conscient de cette difficulté liée à la commercialisation, le Pariis, selon l’expert en irrigation du projet, a signé une convention avec l’Agence nationale de conseil agricole et rural (Ancar), afin de faire face aux problèmes liés à l’accompagnement, à l’encadrement, au stockage, à la mise en marché, entre autres. Mamadou Diouf assure qu’aucun effort ne sera ménagé pour répondre à ces exigences et motiver davantage l’accroissement de la production et de la productivité.

Aujourd’hui, les femmes sont contentes d’avoir augmenté leur production, mais si elles n’arrivent pas à trouver un marché, ça sera une source de démobilisation.
dialigue@lequotidien.sn

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