Accueil Politique Partenariats avec la France et la Russie : Le ni-ni de Sonko

Partenariats avec la France et la Russie : Le ni-ni de Sonko

0

Ousmane Sonko a expliqué n’être pas contre la France. Dans une interview accordée à Rfi et France 24, le leader du parti Pastef estime que la coopération ne «va pas être interrompue», mais il souhaite des échanges gagnants-gagnants avec Paris. A propo de la Russie, il prône «un partenariat avec beaucoup plus de perspectives de développement».

Par Malick GAYE – Les positions, voire les convictions, ne sont jamais figées en politique. Elles obéissent à une logique d’intérêt. Ousmane Sonko, qui avait juré de ne jamais s’épancher sur un sujet dans une conférence de presse où Rfi est présente, a accordé hier une interview à France 24 et Rfi, pour gommer l’image «dépeinte par Macky de l’opposition sénégalaise». Calme et serein, le leader des «Patriotes» s’est voulu clair sur ce sujet. «Nous voulons dire que l’opposition sénégalaise est responsable et ouverte, pour qui connaît l’histoire de la coopération au Sénégal qui, en aucun cas, ne peut être interrompue. Mais nous voulons des discussions beaucoup plus sereines, ouvertes et orientées vers des partenariats constructifs, c’est-à-dire gagnants-gagnants, dans nos ressources naturelles, dans la passation des marchés publics, dans la gestion d’un certain nombre d’éléments sensibles que nous avons en commun et en partage et qui, mal gérés, rejaillissent sur les phénomènes que nous connaissons, notamment l’immigration», a déclaré Ousmane Sonko.

Sonko estime que le partenariat avec Paris n’est pas assis sur des «bases roses» pour l’Afrique. C’est pratiquement la même idée qu’il a développée sur la présence russe en Afrique. «Les pays africains sont indépendants, ils peuvent envisager leurs coopérations de manière autonome. Coopérer avec la Russie, la France, les Usa ou la Chine est une option. Je demande à nos amis africains de faire très attention à un certain nombre de questions. Il ne s’agit pas de remplacer une coopération, jugée défavorable, par une autre, qui peut l’être encore plus. Remplacer un drapeau par un autre ne milite pas en faveur de la souveraineté», suggère le patron du parti Pastef. Avant de prévenir : «Nous devons être prudents. A l’endroit de la Russie, ce qui est attendu n’est pas un partenariat de guerre, mais un partenariat avec beaucoup plus de perspectives de développement. Et ce qu’on voit dans certains pays africains, avec beaucoup d’euphorie, ne semble pas aller dans ce sens. On n’est pas dans une conquête de souveraineté, mais on est dans le remplacement.»

«La France prend fait et cause pour Macky Sall, et pour des raisons qui lui sont propres. Il faut que la France revoie sa position. Cependant, nous n’avons rien contre elle, ni contre aucun autre pays. Nous avons certes un discours de rupture qui peut gêner (…)», fait encore remarquer le leader du parti Pastef.
Par ailleurs, Ousmane Sonko a pointé un doigt accusateur sur Macky Sall. Il estime que ce dernier présente l’opposition à son régime comme «irresponsable, terroriste et qui veut déstabiliser le pays». Pour le maire de Ziguinchor, cette «accusation» du chef de l’Etat est faite à dessein, afin de permettre à Macky Sall de postuler pour un troisième mandat, que Sonko juge illégal.

«Macky est minoritaire et minorisé dans ce pays»
«Depuis l’avènement de Macky au pouvoir, on assiste à un phénomène inédit. C’est la première fois qu’un Président choisit qui peut aller à une élection. Il sait qu’il ne pèse absolument rien au Sénégal. De 65% en 2012, il est maintenant à 46% lors des Législatives (du 31 juillet 2022).

Il est minoritaire et minorisé dans ce pays. Il sait que tous les Sénégalais lui ont tourné le dos à cause de sa gouvernance calamiteuse», a encore soutenu le président du parti Pastef. Ousmane Sonko fait encore savoir : «Aujourd’hui, sa stratégie est de se présenter à l’international comme le seul capable de gérer le pays, dans un contexte régional extrêmement perturbé. Ce discours semble passer, parce qu’il instrumentalise un certain nombre de contextes. Il présente l’opposition comme irresponsable, qui serait contre les intérêts des Occidentaux.»
mgaye@lequotidien.sn

Article précédentMali – Les 49 militaires ivoiriens graciés : Goïta lâche l’affaire
Article suivantChelsea : Mendy opéré d’une fracture du doigt

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici