La Fédération nationale des transporteurs du Sénégal (Fnts) préfère le dialogue au lieu d’entamer un bras de fer contre l’Etat pour le faire reculer sur les 22 mesures prises après l’accident de Sikilo, qui a fait 42 morts. Ainsi, la Fnts ne va pas participer à la grève illimitée annoncée pour ce 17 janvier. Elle a fait des contre-propositions à l’Etat.
Par Malick GAYE – La grève illimitée annoncée à partir de ce matin se fera sans la Fédération nationale des transporteurs du Sénégal (Fnts), qui a pris la même voie que le Cadre unitaire des syndicats de transport routier du Sénégal (Custrs). Après les 22 mesures prises lors du Conseil interministériel suite l’accident de Sikilo, qui a fait 42 morts la semaine dernière, des syndicats avaient dénoncé une décision prise sans concertations. Par conséquent, ils ont décrété une grève illimitée du transport à partir du 17 janvier. Une décision qui n’engage pas la Fnts. Hier, en conférence de presse, Mbargo Badiane est revenu sur les motivations de cette prise de position : «la Fédération, qui regroupe l’ensemble des acteurs du transport, toutes catégories confondues, se dit opposée à toute velléité de grève. Les membres entendent ainsi continuer les activités de transport tout en continuant les négociations avec l’Etat. Elle a ainsi pour mission de veiller à la sécurité du personnel de transport à bord des véhicules, ainsi qu’à garantir l’intégrité des véhicules de transport contre toute éventuelle menace», déclare le président de la Fnts.
Revenant sur les 22 mesures prises par l’Etat pour garantir la sécurité routière, Mbargo Badiane a affirmé que «ce ne sont pas les sanctions qui vont régler le problème». Il dit : «Depuis 3 ans, je demande qu’on fasse des axes accidentogènes, deux fois deux voies. Cela va réduire considérablement les accidents. Car on ne peut pas demander à un conducteur de ne regarder que sa direction pendant 4 à 5 heures de temps. C’est humainement impossible. Le trafic sur l’axe Dakar-Bamako est dense. Si on n’élargit pas la route, on n’est pas à l’abri d’accidents de ce genre.»
Aujourd’hui, la Fnts n’est d’accord que sur 3 mesures : il s’agit de l’interdiction de circulation pour les véhicules de transport public de voyageurs sur les routes inter-urbaines entre 23 heures et 5 heures, l’obligation du passage du contrôle technique à Dakar pour tous les véhicules de transport de personnes et de marchandises et l’interdiction de toute transformation de véhicules destinés au transport de marchandises en véhicules de transport de passagers. «On ne doit pas faire à la fois du transport de personnes et de marchandises. Cela doit être interdit. On est d’accord sur ce point. L’Etat s’est précipité pour prendre ces décisions. Ils n’ont pas pris le temps de la réflexion. Il fallait calmer la clameur tout simplement. Les décisions ont été prises sans réelles concertations. Il fallait écouter les acteurs d’abord», regrette Mbargo Badiane.
Par ailleurs, le président de la Fnts s’est épanché sur l’augmentation du titre de transport. «Les rotations qu’on faisait ne sont plus possibles avec les travaux du Brt. En plus, le carburant a augmenté. C’est normal que le tarif augmente. Le ticket de 3 sections est facturé pour 2 sections. En réalité, l’augmentation ne coûte pas 50 frs. Nous avons préféré appliquer un tarif bas pour attirer la clientèle. Mais à l’impossible nul n’est tenu», se désole le président de la Fnts.
mgaye@lequotidien.sn











