Société

#Rufisque – Caravane de sensibilisation dans 5 régions : «Dafadoy» en croisade contre les violences basées sur le genre

Depuis quelques mois, les violences exercées sur les femmes se sont amplifiées, poussant le collectif «Dafadoy» (ça suffit) à entamer une tournée dans cinq régions pour que cela cesse.

Par Alioune Badara NDIAYE – Renforcer la mobilisation citoyenne contre les violences basées sur le genre à travers une concertation nationale. C’est l’objectif escompté à travers la caravane de sensibilisation sur les violences faites aux femmes et aux enfants, et la vulgarisation de la loi criminalisant le viol et la pédophilie. L’acte 1 de ladite caravane, initiée par le collectif Dafadoy (ça suffit), a eu lieu mercredi à la Salle des fêtes de Rufisque, autour d’une session ayant enregistré la participation de membres d’organisations de défense des droits de l’Homme, d’acteurs de la Société civile et d’activistes. «Cette rencontre n’est pas une conférence de plus, mais plutôt un prétexte sûr pour discuter des stratégies de prévention des violences», a posé Marina Kabou, coordonnatrice de Dafa­doy. «L’adoption de textes de lois en interne, notamment notre Constitution de 2001 et la loi criminalisant le viol, mais aussi à travers l’élaboration de politiques et programmes publics prenant en compte les besoins des cito­yens. Cependant, malgré ces efforts louables, il reste encore, à l’instar des autres pays africains, d’autres défis à relever relativement à l’effectivité des droits des fem­mes», a-t-elle soulevé, évoquant la méconnaissance des lois, la non-harmonisation des législations internes et la non-affectation de ressources suffisantes aux politiques et programmes de promotion des droits des femmes comme facteurs bloquants. La juriste, Ndèye Madjiguène Sarr, qui a co-animé l’exposé sur le thème : «Quelles stratégies pour une meilleure prévention des violences et la vulgarisation de la loi criminalisant le viol et la pédophilie», a salué les avancées notoires dans la législation, tout en se désolant du peu de condamnations constatées depuis lors sur les questions de viol. «Beaucoup d’éléments, de preuves sont effacés par les victimes de viol en se lavant et en brûlant les habits. Ce sont des choses à ne pas faire et il faut qu’on le leur explique à travers la sensibilisation», a posé la juriste en guise d’illustration. «En cas de viol, elles doivent se rendre directement à l’hôpital», a-t-elle insisté. Il s’agira ainsi, pour le collectif Dafadoy, de faire entendre sa voix, selon sa coordonnatrice qui en appelle à un engagement citoyen pour pouvoir juguler le mal. «Cette lutte n’est pas seulement l’affaire des femmes, c’est l’affaire de toute la société, y compris les hommes. C’est pourquoi nous devons conjuguer nos forces, nous devons construire des alliances, nous devons travailler ensemble à atteindre les résultats escomptés», a dit Mme Kabou, assurant que des actions de terrain sont au menu de la caravane avec des interventions dans les radios communautaires et des visites dans les établissements scolaires et organisations communautaires de base. Après l’étape de Dakar, marquant le démarrage officiel, la caravane fera cap sur Thiès, Diourbel, Kédougou et Ziguin­chor.
abndiaye@lequotidien.sn

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