Culture

«Xale», dernier volet de la trilogie : Moussa Sène Absa boucle son hommage aux femmes

La trilogie démarre par Tableau Ferraille en 1995. Vient ensuite Madame Brouette en 2002 et le dernier acte vient de s’écrire avec Xalé dont la sortie en salle au Sénégal est prévue pour aujourd’hui. Ces trois films sont une continuité pour le réalisateur, mais entre le premier et le dernier de la série, Moussa Sène Absa a changé de regard. C’est ce qu’il a confié au terme de la première du film qui s’est tenue ce jeudi dans la grande salle du tout nouveau complexe cinématographique du Sea Plaza. «Cette trilogie parle de choses essentielles, se focalise sur les femmes, sur leur place dans la société. Je parle de la même chose, mais différemment. Autant dans Tableau ferraille, on chantait la maternité, la fertilité, la polygamie et on sentait l’influence politique sur des décisions de société, la présence de la mère et la fraternité et l’amitié trahie. Autant, dans Xale, je parle de cette société avec un autre regard, je parle de l’innocence de cette jeune fille qui rêve d’être un cadre de son pays. Et en contrepartie, elle perd cette innocence», explique Moussa Sène. Xale, les blessures de l’enfance raconte l’histoire de Awa et Adama, des frère et sœur de 15 ans qui vivent dans un quartier de la banlieue de Dakar. Awa, brillante et intelligente, excelle à l’école. Adama préfère vendre des babioles dans la rue et envisage un voyage précaire à travers la mer pour rejoindre l’Europe. Après le décès de leur grand-mère, les enfants sont hébergés chez leur oncle, Atoumane dont le mariage avec leur cousine, Fatou, est arrangé. Mais cette dernière n’a aucun sentiment pour Atou­mane et le fait de le rejeter catalyse un acte de violence qui déchire la famille. Ce drame d’1h 40 brosse un portrait de la société sénégalaise. Mais le parti pris du réalisateur est flagrant et assumé. Les femmes du film, Awa ou Fatou, si elles sont confrontées à la violence, finissent par se relever. Dans ce drame, le réalisateur fait l’éloge du bonheur et prône le choix de l’amour, comme le fait Fatou, qui s’extirpe de son mariage forcé pour trouver l’amour ailleurs. Moussa Sène Absa pointe le doigt sur plusieurs sujets sociaux. Il en est ainsi de l’émigration clandestine. Et comme dans ses précédents films, la musique est omniprésente. Cette fois, ce sont les Frères Guissé et Daara J Family qui signent la bande originale.

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