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Deux trafiquants présumés tombent à Kédougou et Moussala : Ils voulaient vendre une peau de léopard – Lequotidien

Les espèces protégées ne sont pas encore totalement à l’abri des trafiquants. Jeudi dernier, dans la région de Kédougou, deux de ces délinquants ont été freinés dans leur élan de se livrer à ce commerce illicite par les Forces de sécurité appuyées par le projet Eagle-Senegal.

Par Mamadou T. DIATTA – La lutte contre la criminalité faunique n’est pas encore sur le point de s’estomper. Chaque opération des acteurs, qui mènent ce combat de longue haleine, apporte son lot de nouvelles différentes le plus clair du temps des précédentes. Ainsi, on notera que les trafiquants d’espèces protégées continuent de mener leurs activités criminelles. Ce qui ne manque pas d’affecter les animaux qui composent l’espace faunique. Pour remédier à cette situation, une opération mixte, menée par la Direction des parcs nationaux et les éléments de la Brigade de recherches du Commissariat central de police de Kédougou, avec l’appui du Projet Eagle-Sénégal, a pu procéder à des interpellations de délinquants présumés. Ces derniers, au nombre de deux, ont été arrêtés «concomitamment à Kédougou et à Moussala», informe un communiqué du projet Eagle-Senegal. Ces derniers ont été déférés au Tribunal de grande instance de Kédougou, fait-on savoir dans le document.

A propos du premier présumé trafiquant, le communiqué du projet Eagle-Senegal souligne que l’individu en question «a été arrêté sur place à Kédougou en flagrant délit de détention, circulation et tentative de commercialisation d’une peau de léopard, une espèce intégralement protégée par la loi n°86-04 du 24 janvier 1986 portant Code de la chasse et de la protection de la faune au Sénégal, inscrit à l’annexe 1 de la CITES la plus restrictive en matière de commercialisation de cette espèce de grand félin».

Quant au second trafiquant présumé, il est tombé à la suite d’une intervention du commissariat de police de Kédougou à la frontière de Moussala. Ici les policiers ont procédé «à l’arrestation d’un co-auteur de ce crime, lui aussi Nigérien».

«La zone Sud-Est du pays fait face, depuis plusieurs années, à un important trafic d’animaux sauvages en lien avec les trafics d’armes de guerre, de chasse, de munitions et de drogue. La proximité des frontières du Mali et des deux Guinée n’est pas anodine dans ce constat puisque, d’après les résultats d’opérations de trafic de faune entre 2020 et 2022, il est constaté que des AK47 et munitions sont de plus en plus saisis et proviendraient du Mali et des deux Guinée», renseignent les acteurs de la lutte contre le trafic des espèces protégées. Puisque, d’après Eagle-Senegal, cette situation survient «après une nouvelle année de lutte contre le trafic de faune au Sénégal».

Ladite structure poursuit pour annoncer : «Il a été noté également que des bandes organisées en provenance du Mali feraient des incursions au Sénégal pour braconner rapidement et massivement la faune sauvage afin de se procurer de la «protéine de viande» en grande quantité sans être inquiétées, grâce à la complicité de villageois sénégalais».

Autre constat fait par le projet Eagle-Senegal : «Les liens entre le trafic de faune, les autres trafics et les activités terroristes sont un phénomène continental déjà bien reconnu.»

La structure fait cependant remarquer que «ces deux dernières années dans le Sud-Sénégal, le trafic d’armes de guerre, de calibre 12 et d’armes de poing ainsi que l’appartenance de certains trafiquants de faune, à des degrés, différents à de possibles cellules présumées terroristes ou bandes armées rebelles s’impose de plus en plus par petites touches constantes dans les résultats d’investigations et d’arrestations de trafiquants de faune».

«Il est indispensable que nos tribunaux, lorsqu’ils traitent de trafic de faune avec des saisies d’AK47 et de stocks de munitions, apportent une riposte pénale à la hauteur des enjeux sécuritaires et environnementaux en arrêtant les condamnations avec du sursis pour tous les trafiquants de faune ayant été arrêtés ou déjà condamnés avec des AK47 et munitions sur eux», avertit Eagle-Senegal. Après avoir noté qu’il «devient de plus en plus inquiétant de constater que le trafic de faune  conduit à un déclin progressif et inéluctable des derniers lions et léopards d’Afrique de l’Ouest».

Sur le même registre, Eagle-Senegal est aussi d’avis que «tous les acteurs de la sécurité publique au Sénégal s’associent à cette lutte pour la conservation des espèces sauvages et le maintien de la paix au Sénégal».
mdiatta@lequotidien.sn

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