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Finances – Niveau d’endettement du Sénégal : L’Etat prend le contrepied du Fmi – Lequotidien

Suite à la dernière alerte du Fonds monétaire international (Fmi) sur l’augmentation de la dette du Sénégal, le gouvernement vient de publier un document à travers lequel il livre sa part de «vérité».

Par Dialigué FAYE – Au moment où le Fonds mo­nétaire international (Fmi) alerte sur les conséquences du niveau d’endettement du Sé­négal, le gouvernement es­saie de tempérer et prend le contrepied du chef de division du département Afrique du Fonds monétaire international (Fmi), Edward Gemayel, et son équipe qui étaient en mission à Dakar, pour les besoins de la revue des programmes du Fmi au Séné­gal.

Le mardi 15 novembre 2022, lors d’une conférence de presse, Edward Gemayel a indiqué que le niveau d’endettement reste soutenable, mais «la marge de manœuvre pour faire face à de nouveaux chocs a quasiment disparu». Et d’évaluer le niveau de la dette entre 75 et 77% du Pib.

Une version que semble récuser le gouvernement. Dans un document du Bureau d’information du gouvernement (Big), il est mentionné : «Au 30 juin 2022, l’encours de la dette du Sénégal, dette totale de l’Administration centrale, qui constitue le référentiel en la matière, était estimé à 11 326 milliards de francs Cfa. Il est projeté à 11 447.2 milliards de francs Cfa à fin décembre, soit 67,9% du Pib. Ce qui est donc inférieur à la norme communautaire (70% du Pib)».

Concernant le service de la dette qui représente le montant payé chaque année pour le remboursement de celle-ci, il est indiqué qu’au «titre de l’exercice 2022, il s’élève à 1693,9 milliards de francs Cfa. Ce qui n’a donc rien à voir avec les montants avancés par certains parlementaires».
Pour rappel, certains députés ont aussi interpellé le ministre des Finances et du budget, lors de l’ouverture du marathon budgétaire, sur le niveau d’endettement du Sénégal.

«Sénégal, pays confortable»
Le gouvernement assure ainsi que «le Sénégal est un pays confortable». A ce propos, évoque-t-il, «la viabilité de la dette (capacité du pays à faire face à ses échéances à court, moyen et long termes) et la liquidité de la dette (capacité du pays à pouvoir faire face à ses échéances à court terme)».

S’agissant de la viabilité, le document met en exergue deux indicateurs. «La valeur actuelle nette de la dette extérieure, rapportée à la richesse nationale : le taux prévu est de 55% alors que le Sénégal, avec 49,7%, est en dessous du seuil». L’autre indicateur a trait à «la valeur actuelle nette de la dette extérieure, rapportée aux exportations des biens et services : doit être à 240%. Le Sénégal est à 212,98%».

Sur la liquidité de la dette, les indicateurs portent sur : «Le service de la dette extérieure, rapporté aux exportations de biens et services, qui doit être de 21% et le Sénégal est à 17,96% ; et le service de la dette extérieure, rapporté aux revenus budgétaires doit être de l’ordre de 23%, et le Sénégal est à 16,72%.»
Il est précisé «que depuis l’avènement du Président Macky Sall au pouvoir en 2012, le Sénégal a drastiquement baissé son niveau d’endettement. La hausse annuelle de l’encours a été de 21,8% en moyenne, durant la période 2007-2011, alors qu’elle est de 14,1% sur la décennie 2012-2022». Le Big de noter : «La Stratégie d’endettement est beaucoup plus modérée, beaucoup plus prudente, que par le passé. Notre pays poursuivra une politique prudente d’endettement privilégiant le recours accentué à des emprunts concessionnels, les emprunts non concessionnels n’étant retenus que pour les investissements à niveau de rendement très élevé. L’amélioration significative des recettes résultant de la mise œuvre de la Srmt devra permettre de limiter, à terme, le recours à l’endettement».
dialigue@lequotidien.sn

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