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Santé : les prix de 100 médicaments flambent

Les gérants des officines privées ont constaté, au cours de cette semaine, une augmentation «illégale» du prix d’une centaine de produits pharmaceutiques allant de 50% à 100%, voire 200%. Les pharmaciens s’opposent à ces hausses et appellent les associations de consommateurs à se mobiliser.

En conférence de presse, hier, à Dakar, les responsables du Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal (Spps) ont annoncé l’augmentation d’une centaine de produits pharmaceutiques. Une augmentation, selon Dr Assane Diop, président du Syndicat des pharmaciens privés du Sénégal, allant de 50% à 100%, voire 200%, du prix de certains médicaments. «Cette hausse s’expliquerait par la crise économique liée à la Covid-19 au niveau international parce que plus de 90% des médicaments sont importés au Sénégal», a-t-il expliqué, ajoutant que les médicaments qui ont connu cette hausse font partie du protocole de traitement de la Covid-19 et des maladies d’origine ostéo-articulaire, nerveuses et des produits destinés à la prise en charge de la grossesse, des personnes âgées, entre autres. «Ce ne sont pas des produits de confort», a regretté le Dr Assane Diop. Le plus grave, a-t-il dénoncé, «est que cette augmentation s’est faite en violation de l’arrêté interministériel numéro 188 du 15 janvier 2003 qui fixe le mode de calcul du prix au public des médicaments, produits et objets compris dans le monopole pharmaceutique».

Dr Assane Diop a précisé que tout médicament commercialisé sur le territoire sénégalais possède une Autorisation de mise sur le marché (Amm). Cette dernière «est un arrêté délivré par le Ministère de la Santé et de l’Action sociale qui, non seulement atteste de l’intérêt thérapeutique du produit en question, mais également fixe son prix de vente au public», a rappelé le pharmacien. Tout ceci pour dire que la fixation ou l’homologation du prix des médicaments est du ressort exclusif de l’autorité étatique sur proposition de la Direction de la pharmacie et du médicament. «Nulle autre structure n’a le droit, ni la compétence et encore moins la prérogative de changer le prix des médicaments», a-t-il soutenu. Il a déclaré que «cette hausse vertigineuse ne fera que rendre difficile l’accès aux médicaments pour la population, ce qui est contradictoire aux objectifs de la Couverture maladie universelle».

Face à cette augmentation jugée illégale des prix des médicaments, les pharmaciens privés ont décidé de surseoir à la vente des 100 produits concernés jusqu’au rétablissement de leur grille tarifaire fixée par la loi. Et dans l’intérêt de la population, le Dr Assane Diop et ses collègues invitent le Ministre de la Santé et de l’Action sociale et son homologue du Budget à rétablir la situation afin de garantir l’accès du bon médicament au bon prix. Selon Dr Diop, c’est le seul gage de sécurité sanitaire pour le Sénégal qui, par les récents évènements (saisies record et répétées de faux médicaments), semble être infecté et affecté par le trafic de faux médicaments. Les pharmaciens du privé sénégalais, s’opposant à cette hausse des médicaments, appellent les associations de consommateurs à dire non à cette mesure.

Eugène KALY-lesoleil.sn

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